Glenn Close et Amy Adams, mère et fille dans <em>Une ode américaine</em>.
Glenn Close et Amy Adams, mère et fille dans <em>Une ode américaine</em>.

Une ode américaine : Déception! ** 1/2 [VIDÉO]

Éric Moreault
Éric Moreault
Le Soleil
CRITIQUE / Sur papier, Une ode américaine (Hillbilly Elegy) semblait avoir tous les atouts en main : un réalisateur chevronné en Ron Howard, des actrices d’exception en Amy Adams et Glenn Close ainsi qu’une histoire vraie de rêve américain, celle d’un enfant qui s’extirpe de la pauvreté familiale pour devenir avocat et homme d’affaires. Finalement, ce n’était qu’un gros bluff…

Le récit débute au Kentucky où notre narrateur se remémore ses vacances avec sa famille de rednecks dysfonctionnelle. J.D. Vance (Gabriel Basso), qui fait son droit à Yale, tente de décrocher un emploi d’été dans un cabinet pour poursuivre ses études.

Le jeune homme reçoit un appel de Lindsay (Haley Bennett) : leur mère (Adams), qui a recommencé à consommer, se retrouve à l’hôpital après une surdose. Sa sœur aînée lui demande de rentrer pour donner un coup de main.

Le long périple en auto de J.D. se veut une occasion pour lui de se souvenir de son enfance chaotique avec Bev, une accro autodestructrice et égocentrique qui explose parfois en de violentes colères. Et aussi comment sa grand-mère maternelle (Close), bienveillante mais à la poigne de fer, lui a remis le pied à l’étrier alors qu’il tombait lentement dans les mêmes modèles que sa mère.

Mamaw lui inculque la droiture, la fierté de ses origines et, surtout, l’amour de la famille...

Vanessa Taylor a beau avoir coécrit La forme de l’eau avec Guillermo del Toro, on devrait plutôt se souvenir de sa pâle adaptation de Divergence. Son scénario d’après le livre de J.D. Vance offre des clichés à la tonne, très peu de perspectives sociales et d’épaisseur psychologique à ses personnages.

Howard aurait pu, aurait dû en fait, le transcender pour présenter une vue plus large sur ces Américains peu éduqués et pauvres négligés par tous (y compris Donald Trump, qui a profité de leurs frustrations et de leur colère pour leur tendre un miroir aux alouettes pendant ses campagnes électorales). Mais il se contente d’une mise en scène de routine dénuée de toute imagination.

Le film se penche sur l'univers de ces Américains peu éduqués et pauvres négligés par tous.

Ses vaines tentatives d’augmenter l’authenticité de son histoire font chou blanc.

Le monteur (James D. Wilcox) a travaillé fort pour maintenir l’intérêt sous la forme d’un suspense en récits parallèles, avec un bon équilibre entre les retours en arrière et le séjour universitaire de J.D. Il ne réussit pas à sauver le film pour autant.

Pas plus que Glenn Close et Amy Adams, malgré leurs efforts. Close, en femme de fer au caractère trempé d’acier, réussit à montrer la sensibilité, le courage et l’humanité de Mamaw. Adams, en toxicomane hystérique qui maudit ses enfants nés trop tôt, donne le change, mais on l’a déjà vu beaucoup plus inspirée (dans Arnaque américaine et L’arrivée de Denis Villeneuve, entre autres).

Dans le réel, la mobilité, soit la capacité de s’extraire de sa condition pour monter dans l’échelle sociale, ressemble de plus en plus à un mirage.

La vraie histoire d’Une ode américaine, qui n’a rien d’épique, est plutôt celle d’un garçon sous l’emprise d’une mère qui le tire vers le bas et qui doit s’en libérer pour voler de ses propres ailes...

Une ode américaine est présenté sur Neflix

Au générique

Cote : ** 1/2

Titre : Une ode américaine

Genre : Drame biographique

Réalisateur : Ron Howard

Acteurs : Glenn Close, Amy Adams, Gabriel Basso, Haley Bennett

Durée : 1h55