Librement inspiré du livre de l’ex-pdg d’Airbus, «Un homme pressé» met en scène un carriériste victime d’AVC (Fabrice Lucchini), qui doit réapprendre à parler à l’aide d’une jeune orthophoniste (Leïla Bekhti).

«Un homme pressé»: à voir pour le duo d’acteurs **1/2

CRITIQUE / «Un homme pressé» offre un rôle en or à Fabrice Luchini. Celui d’un carriériste beau parleur et fort en gueule qui, du jour au lendemain, doit réapprendre l’usage de la parole à la suite d’un AVC. Malheureusement, la comédie dramatique d’Hervé Mimran vire en eau de boudin dans le dernier tiers…

Luchini (Molière à bicylette, L’hermine), artiste surdoué mais qui a de la difficulté à réfréner ses ardeurs, avait un beau défi d’acteur. Lui, le maître de l’élocution, doit se mettre en bouche un texte où les mots s’entrechoquent. «Je me suis réfugié dans mon boulet», dit, par exemple, son Alain Mapler (au lieu de boulot, un beau lapsus).

Le communicateur hors pair travaille dans l’automobile (son patron et ami est interprété par Yves Jacques, un tout petit rôle). Alors qu’il doit dévoiler son nouveau modèle de voiture électrique révolutionnaire, un accident vasculaire cérébral endommage sa mémoire et, donc, sa façon de parler. Un prétexte à plusieurs jeux de mots involontaires sans queue ni tête, assez drôles.

Pour l’aider, une jeune orthophoniste (Leïla Bekhti), qu’il appelle la «psychopathe». Une pénible réadaptation s’amorce entre un patient très difficile et une professionnelle qui a la tête ailleurs en raison de difficultés personnelles. Les deux vont s’apprivoiser, sur le mode Intouchables (Nakache et Toledano, 2011), dans cette lente reconstruction, de part et d’autre.

La complicité entre Luchini et Bekhti, César du meilleur espoir féminin 2011 pour Tout ce qui brille du même réalisateur, est indéniable. Leur plaisir de jouer crève l’écran.

C’est justement pour cette raison, malgré un récit très prévisible, jusque dans les relations difficiles entre ce père absent et sa fille éprouvée par la mort de sa mère, qu’on a beaucoup de plaisir avec Un homme pressé. Aussi pour la chienne Sam et la cuisinière, qui apporte une touche de burlesque. Ça, et la trame sonore qui compte quelques réinterprétations pertinentes de Dylan et de Cat Stevens.

L’histoire est librement inspirée du livre de Christian Streiff, ex-pdg d’Airbus et PSA Peugeot Citroën.

Malheureusement, le dernier tiers vient tout gâcher en tombant dans l’abus de bons sentiments et est complètement tiré par les cheveux.

L’échafaudage d’Hervé Mimran s’effondre avec fracas, nous laissant en plan avec le sentiment que le bel édifice n’était qu’une façade.

Dommage.

AU GÉNÉRIQUE

• Cote: **1/2

• Titre: Un homme pressé

• Genre: comédie dramatique

• Réalisateur: Hervé Mimran

• Acteurs: Fabrice Luchini, Leïla Bekhti, Rebecca Marder, Yves Jacques

• Classement: général

• Durée: 1h41

• On aime: la complicité des deux acteurs. Les jeux de mots

• On n’aime pas: le dernier tiers, qui vient tout gâcher