Tamara (Rachel Mwanza) et Martin (Bouli Lanners) doivent convaincre les fonctionnaires qu'ils se marient d'amour et non pas pour régulariser son statut d'immigrée.

Troisièmes noces: Mariage raté **

CRITIQUE / Les coproductions de David Lambert avec le Québec avaient donné des résultats probants jusqu’à Troisièmes noces. Cette fois, il manque l’étincelle — et un scénario crédible — des films précédents. En abandonnant le registre du drame pour celui de la comédie dramatique à thèmes, le réalisateur belge nous sert une œuvre dénuée d’originalité et qui souffre d’une direction d’acteurs mal avisée.

Ce troisième long métrage se situe tout à fait dans le prolongement de Je suis à toi (2015). Il s’agit encore une fois d’un triangle amoureux qui explore les thèmes de l’homosexualité, de l’immigration et de l’apprivoisement progressif.

Adapté du roman éponyme de Tom Lanoye (2014), il met en scène Martin (Bouli Lanners), un cinquantenaire fantasque qui vient de perdre son mari. Il a le deuil difficile et des idées suicidaires. Pour aider un ami et payer son hypothèque, il accepte à contrecœur d’accueillir Tamara (Rachel Mwanza) chez lui.

Le veuf doit composer avec la présence envahissante de la jeune femme et son caractère frondeur. Mais il doit surtout convaincre des fonctionnaires tatillons de leur amour mutuel et de la sincérité de leur envie de se marier (pour légaliser le statut d’immigrante de la belle)…

De façon assez prévisible, ces deux êtres que tout sépare vont finir par trouver un terrain d’entente. Les choses vont se gâter, et le film aussi, lorsque le «frère» de Tamara vient aussi habiter à la maison.

Disons qu’il faut être assez crédule pour accrocher à cette histoire aux rebondissements exagérés. Mais un autre défaut de ce presque huis clos loge ailleurs. Autant le jeu de Bouli Lanners (De rouille et d’os), en gros nounours dépressif au grand cœur, est mesuré et en nuances, autant celui de Rachel Mwanza détonne.

Il est fascinant de la retrouver sept ans après Rebelle. Dans le très réussi long métrage de Kim Nguyen, la native du Congo jouait un rôle d’enfant-soldat qui n’était pas éloigné de son quotidien. Qui lui vaudra d’ailleurs l’Ours de la meilleure actrice à Berlin.

Cette fois, il s’agit d’un rôle de composition et son interprétation ne convainc pas. On a l’impression qu’elle joue la comédie, dans le mauvais sens du terme. Le jeu décalé est tout un art, que Rachel Mwanza ne maîtrise pas. Son personnage ne passe pas la rampe.

La Québécoise d’adoption a été, de toute évidence, trop laissée à elle-même par le réalisateur. Qui aurait aussi intérêt à peaufiner son scénario, souffrant de clichés et de redites. Tout ça manque cruellement de nuances et souffre d’un déficit de crédibilité.

Ne reste plus qu’à souhaiter à Rachel Mwanza un rôle plus consistant. Sinon, elle restera malheureusement l’actrice d’un seul film.

Au générique

Cote : **

Titre : Troisièmes noces

Genre : Comédie dramatique

Réalisateur : David Lambert

Acteurs : Bouli Lanners, Rachel Mwanza

Classement : 13 ans +

Durée : 1h38

On aime : pas grand-chose.

On n’aime pas : le manque d’originalité. Le jeu décalé de l’actrice. Les rebondissements peu crédibles.