Filmé avec peu de moyens, en son et lumière ambiants, Toujours ensemble cherche surtout à explorer le mal de vivre qui habite un trentenaire immature (Joey Klein) et un jeune homme obèse (Jesse Camacho), sans en livrer toutes les clés.

Toujours ensemble: besoin d'amour ***

CRITIQUE / Il y a parfois de ces films indépendants qui retiennent l'attention par leur tonalité particulière et l'authenticité de leurs personnages. C'est le cas de Toujours ensemble (version française d'Always Together) du Montréalais d'origine Jesse Noah Klein, qui explore la relation improbable et opposée entre un jeune homme obèse et un trentenaire immature.
Chris (Jesse Camacho) est un introverti qui entretient une relation trouble avec sa mère monoparentale. Il est surtout intimidé physiquement et psychologiquement, de façon assez violente, par Jeremy. Lorsque Bobby (Joey Klein, le frère du réalisateur) en est témoin, il décide d'intervenir. 
Il entraîne ensuite son protégé pour une soirée ponctuée de nombreux arrêts. Au dépanneur où travaille Claire (Eve Harlow), dont Chris est secrètement amoureux. Dans un bar où Bobby prétend que Patricia (Marie Turgeon) est sa soeur, alors qu'elle est plutôt la source de ses malheurs. Chez l'ex-femme de Bobby où il enlève sa fille Olivia (Brielle Robillard)... Plus la nuit avance et plus Chris va découvrir que son nouvel ami, tourmenté par son passé, n'est pas du tout celui qu'il prétend être.
Malgré des affinités, on est loin des mésaventures de Paul du déjanté After Hours (1985) de Scorsese. Il y a une certaine parenté avec le Des souris et des hommes de Steinbeck, même si les deux hommes ne sont pas des amis de longue date.
Mais dans le ton et les thèmes, ce drame se rapproche plutôt du très bon Montréal la blanche (2016) de Banchir Bensaddek. Ces deux étrangers vont se découvrir des affinités mutuelles malgré ce qui les sépare, dans une errance à travers la métropole.
Différence majeure, toutefois, ce voyage au coeur de la nuit sert de rite de passage à Chris. Au contact de Bobby, le jeune homme amorce une métamorphose qui lui permet de s'affranchir de ses complexes liés à son tour de taille. 
Filmé avec un mince budget et peu de moyens, avec une caméra portée, en son et lumière ambiants avec plusieurs gros plans, Toujours ensemble cherche surtout à explorer le mal de vivre qui habite le duo, sans en livrer toutes les clés. C'est parfois maladroit et plaqué, notamment la finale prévisible, mais il y a une véracité qui ne se dément pas.
Dans ce deuxième long métrage après Shadowboxing (2010), Klein propose un road movie dans une Montréal comme on la voit très peu, à l'envers de la carte postale. La ville sert de reflet aux deux antihéros, qui doivent affronter leurs insécurités et problèmes de comportement. Le lien qu'ils vont développer se noue autour d'un besoin d'amour qu'ils ne savent comment exprimer.
Un film original et sensible, présenté en compétition officielle au Festival du nouveau cinéma de Montréal et à Karlovy Vary, Toujours ensemble a remporté le Prix du jury au Festival du New Hampshire.
AU GÉNÉRIQUE
Cote: ***
Titre: Toujours ensemble
Genre: drame
Réalisateur: Jesse Noah Klein
Acteurs: Jesse Camacho, Joey Klein et Eve Harlow
Classement: général
Durée: 1h22
On aime: le traitement sensible, le récit original, le jeu naturel
On n'aime pas: la réalisation convenue, la fin tout est bien qui finit bien