Même si Alicia Vikander incarne Lara Croft avec aisance, Tomb Raider est un divertissement générique au scénario plein de trous.

Tomb Raider: père manquant, film manqué

CRITIQUE / Tomb Raider arrive à point nommé — dans la mesure où il met en vedette un personnage féminin fort qui botte des fesses. Et il peut compter sur une actrice de première classe: Alicia Vikander. Pour le reste, ce redémarrage de franchise est un divertissement générique au scénario plein de trous. Même en se mettant le cerveau en mode veille.

Vikander, Oscar du meilleur second rôle pour Danish Girl en 2016, devait reprendre Lara Croft après Angelina Jolie, en 2001 et 2003. La Suédoise relève le défi avec brio. Intense, déterminée et athlétique, elle l’incarne avec aisance. Une chance !

Le long métrage débute par une longue mise en place pour démontrer que la jeune aventurière en devenir a du chien, est intelligente, téméraire et ne recule devant rien. Surtout pas le défi de retrouver son père disparu depuis sept ans sur une mystérieuse île au milieu de la mer du diable alors qu’il cherchait un tombeau… maléfique. Bien sûr.

Lara Craft s’y rend en soudoyant le marin Lu Ren (Daniel Wu). Séparés après leur naufrage, la petite brune tombe sur Mathias Vogel (Walton Goggins). Sans mettre de gants blancs, l’archéologue entouré de gorilles mercenaires caricaturaux lui annonce qu’il a tué son père… On vous laisse imaginer la suite, c’est assez facile. Des étudiants en scénarisation auraient mieux fait que le faible récit de Geneva Robertson-Dworet et Alastair Siddons, truffé de dialogues ridicules. Ç’a beau être un film d’aventures, il y a un minimum à respecter pour que ce soit crédible.

Évidemment, Tomb Raider tombe dans la surenchère pour les scènes d’action. Si vous trouvez qu’Indiana Jones et Mission: Impossible, c’est fort en moutarde, vous n’avez rien vu. Comment dit, Lara, donc ? «C’est pas vrai !» En effet.

La production a confié le gouvernail à Roar Uthaug (The Wave, 2015). Le réalisateur norvégien s’avère un tâcheron appliqué dans la reprise des recettes du genre, avec les habituels retours en arrière sur la relation père-fille et la narration en voix hors champ de Richard Croft. En plus de sombrer dans le mélo larmoyant à quelques reprises. Et de miser, tout au long, sur une trame sonore appuyée particulièrement horripilante. 

Bref, sa mise en scène ne casse rien.

Contrairement à Lara, qui doit démontrer à tous ces hommes qui l’entourent qu’elle est la plus forte. Et la seule femme du long métrage, mis à part l’associée de son père (Kristin Scott Thomas), qu’on voit un peu au début et à la fin. Pour la parité, on repassera…

Il ne fallait pas s’attendre à grand-chose de ce redémarrage basé sur le redémarrage du populaire jeu vidéo en 2013 — toute est dans toute, comme dirait Raoul. C’est ce qu’on a eu : pas grand-chose. Avec l’inévitable porte ouverte sur une suite.

Franchement, ce n’est pas nécessaire.

AU GÉNÉRIQUE

Cote: **

Titre: Tomb Raider

Genre: aventures

Réalisateur: Roar Uthaug 

Acteurs: Alicia Vikander, Walton Goggins, Dominic West

Classement: général

Durée: 1h58

On aime: la forte présence de Vikander

On n’aime pas: le scénario plein de trous. La musique horripilante. Les personnages caricaturaux. Etc.