Cate Blanchett (ici avec Karl Urban) est magnifique dans Thor: Ragnarok. Un sourire en coin et un seul regard suffisent à la rendre totalement maléfique.

Thor: Ragnarok: à la conquête du trône ***

CRITIQUE / Les films de superhéros, plus ça change, plus c’est pareil. Pas cette fois. Thor: Ragnarok, troisième volet des aventures du Dieu du tonnerre, offre un vent de fraîcheur dans la galaxie Marvel en évitant de se prendre au sérieux. Avec de l’absurde, de l’autodérision et beaucoup d’action, le film fantastique est une grosse partie de plaisir. Il pousse même l’audace à emprunter à la tragédie grecque!

Il n’y a pas que le décor du royaume d’Asgard qui calque les racines de la dramaturgie. Dans cet épisode, le roi Odin (l’impérial Anthony Hopkins) se meurt, au grand désarroi des frères ennemis Thor (Chris Hemsworth) et Loki (Tom Hiddleston). Le machiavélique Loki a d’ailleurs usurpé le trône en contraignant son père à l’exil sur Terre (en Norvège!), mais Thor revient pour faire valoir ses droits.

Mais c’est sans compter que le décès d’Odin libère Hela, l’aînée, du bannissement imposé par le souverain. La vengeresse chasse ses frères pour poursuivre conquête et massacres, à commencer par son peuple…

Sur fond de trahison, de rédemption, de lutte fratricide et de combat entre le bien et le mal incarné, Ragnarok embrasse des thèmes souvent rabâchés, sans grande originalité. Mais il le fait sans prétention. 

D’ailleurs, le duo fraternel se retrouve sur Sakaar (plus ou moins le dépotoir de l’espace, dont la principale sortie est l’anus de Satan…). La planète ressemble à s’y méprendre à Rome la décadente, avec son Grand Maître (superbe Jeff Goldblum) et ses combats de gladiateurs. Où Thor retrouve Hulk (Mark Ruffalo) et la dernière des Valkyries (Tessa Thompson). 

Le plus gros avantage de Ragnarok, outre le fait qu’il évolue entre les Gardiens de la galaxie et Deadpool, réside dans le fait qu’il est détaché, en quelque sorte, du continuum Marvel. Pas besoin d’avoir vu les deux premiers Thor ou les Avengers, malgré quelques références, pour apprécier le plaisir fou que procure le film.

Mieux que ses prédécesseurs à la barre des chapitres précédents, Taika Waititi (Vampires en toute intimité, 2014) a su se moquer de la mythologie viking extraterrestre — bien que Ragnarok demeure un film de Thor. Il y a des passages obligés qui font grincer des dents et des moments cousus de fil blanc. Le réalisateur néo-zélandais ne pouvait faire de miracles, mais il a su tirer le meilleur de ce qu’il avait.

Il a su, aussi, bien diriger Hemsworth, qui réussit à se moquer en douce de ce Dieu coupé au couteau qui semble bien mortel sans son marteau (détruit par Hela). Parlant de la déesse de la mort, Cate Blanchett est magnifique. Un sourire en coin et un seul regard suffisent à la rendre totalement maléfique (et fragile, petite fille qui souffre du rejet de son père).

Bon, il y a encore et toujours de l’abus dans les images générées par ordinateur, même si quelques séquences ne sont pas piquées des vers. Et ceux qui aiment le genre d’abord et avant tout pour les scènes de combat épiques, les poursuites et les cascades invraisemblables vont être servis à souhait. Surtout avec la finale excessive...

Mais au chapitre du divertissement, pas grand-chose à redire. Il est intéressant aussi, dans un monde dominé par le côté obscur des choses, de voir que les motifs de Thor sont purs. S’il retourne à Asgard à la conquête du trône, ce n’est pas pour le pouvoir, mais pour servir et protéger le peuple. Ça fait changement…

AU GÉNÉRIQUE

  • Cote: ***
  • Titre: Thor: Ragnarok
  • Genre: fantastique
  • Réalisateur: Taika Waititi
  • Acteurs: Chris Hemsworth, Cate Blanchett, Tom Hiddleston 
  • Classement: général
  • Durée: 2h11
  • On aime: l’autodérision, l’emprunt à la tragédie grecque, la maléfique Blanchett
  • On n’aime pas: une overdose d’effets spéciaux, les moments cousus de fil blanc