Jérémy Comte : « C’est vraiment incroyable ! C’est fou ! Je capote ben raide ! »

Sundance : Jérémy Comte gagne un prix spécial du jury

Le court métrage Fauve, écrit et réalisé par le cinéaste d’origine sherbrookoise Jérémy Comte, a remporté mardi soir un Prix spécial du jury du Festival du film de Sundance.

« C’est vraiment incroyable ! C’est fou ! Je capote ben raide ! » de commenter le nouveau lauréat en entrevue téléphonique à Park City, en Utah. Le réalisateur de 27 ans était déjà surpris d’avoir été retenu dans la programmation, parmi les 9000 courts métrages soumis au prestigieux événement cette année. Surtout qu’il avait envoyé une version non définitive de Fauve dans son dossier de candidature.

« C’est quand on s’est mis à décrire mon film au gala de mardi soir que j’ai commencé à penser que je pourrais gagner, surtout lorsqu’on a parlé de deux jeunes acteurs », raconte Jérémy, qui s’est empressé ensuite de téléphoner à ses deux comédiens enfants.

« Je n’ai pas pu leur parler, il était trop tard à cause du décalage horaire, mais la mère de Félix m’a dit qu’elle réveillerait son fils pour lui annoncer la nouvelle. J’ai aussi laissé un message chez Alexandre. J’ai hâte de leur reparler et de partager le prix avec eux. »

Tourné en été 2017 dans une mine à ciel ouvert de la région de Thetford Mines, Fauve met en vedette Félix Grenier et Alexandre Perreault, respectivement de Stratford et d’Adstock. Il raconte l’histoire d’un tandem de garçons qui s’enfonce dans un jeu de pouvoir malsain.

Le Prix spécial du jury, récompense honorifique, est remis toutes catégories, c’est-à-dire que Fauve s’est distingué aussi bien parmi les courts métrages de fiction, de non-fiction et d’animation que parmi les œuvres américaines et étrangères. Deux autres films ont reçu la même distinction, soit For Nonna Anna, du Canadien Luis De Filippis, et Emergency, de l’Américain Carey Williams. Le Grand Prix du jury est allé à Matria, de l’Espagnol Alvaro Gago. Soixante-neuf courts métrages avaient été sélectionnés pour l’événement cette année.

Filmer au Ghana

Même s’il a déjà reçu sa récompense, Jérémy sera au festival jusqu’à sa fin dimanche, étant donné qu’il reste une projection de son film vendredi, mais aussi parce que Sundance est une occasion incontournable de rencontrer des producteurs et des agents. Ce qui laisse beaucoup d’espoir au cinéaste pour la suite des choses, notamment pour la réalisation de son premier long métrage, qui se déroulerait en partie au Ghana. Il coécrit d’ailleurs le scénario avec un Ghanéen.

« Je me mets à 100 pour cent là-dessus à mon retour. J’ai déjà rencontré des gens super-intéressés ici. Après Sundance, je devrai choisir l’agent américain qui pourrait me représenter. Des agents européens ont communiqué avec moi également. On a aussi vu les responsables de Sun Lab, des résidences d’une semaine en écriture de scénario avec des mentors, avec l’espoir que je puisse y participer. L’an dernier, c’était Quentin Tarantino qui était là. »

« Sundance, c’est comme une grosse famille et maintenant, j’en fais partie. D’avoir gagné un prix, c’est comme une approbation de cette famille. Tous les gens de l’équipe du festival sont venus me voir après pour me dire combien ils avaient aimé le film. »

Fauve a été soutenu en production par la SODEC et le CALQ. Il était présenté en première mondiale à Sundance, mais la première projection québécoise devrait être annoncée sous peu.