Jyn Erso (Felicity Jones) est à la tête d'une bande de l'Alliance rebelle qui veut dérober les plans de l'Étoile de la mort. Elle est secondée par Cassian Andor (Diego Luna), officier du renseignement rebelle.

Rogue One: le pouvoir de l'espoir ***

CRITIQUE / Écrivons-le d'emblée: Rogue One: une histoire de Star Wars ne révolutionne pas le genre. Mais le long métrage de science-fiction a l'avantage de créer ses propres personnages et intrigues sans se référer constamment à l'univers préexistant de George Lucas. Ses créateurs ont décidé d'en faire un «vrai» film, s'adressant davantage à un public adulte avec ses personnages troubles, sa thématique sombre et ses scènes de guerre meurtrières, tout en y mettant suffisamment d'action pour ne pas décevoir ceux qui veulent se divertir sans trop se casser la tête.
Rogue One est le prologue de l'épisode IV de la trilogie originale de 1977. Il démontre les tentatives d'une bande de l'Alliance rebelle pour dérober les plans de l'Étoile de la mort. À leur tête, Jyn Erso (solide Felicity Jones), fille de Galen Erso (Mads Mikkelsen), le scientifique forcé de travailler par L'empire galactique à la conception de l'arme de destruction massive. Elle est secondée par Cassian Andor (Diego Luna), officier du renseignement rebelle, et son robot K-2SO.
N'en disons pas plus. Évidemment, Rogue One est encore bâti sur l'éternel thème du bien contre le mal, mais dans une forme beaucoup plus nuancée. Il y est question d'oppression et de rébellion, bien sûr, mais aussi de sacrifice, de trahison, de loyauté, d'obéissance aveugle aux ordres... La relation père-fille est bien exploitée et permet même, fait rare dans la saga, de générer de réelles émotions.
Aux commandes, Gareth Edwards (Godzilla) livre la marchandise. Sa réalisation vivante, agrémentée de mouvements de caméra dynamiques, ne s'éloigne toutefois pas beaucoup des canons du genre. Un peu d'originalité n'aurait pas fait de tort. D'autant que la musique pompeuse de Michael Giacchino, qui vient tout surligner, est un véritable irritant.
Femme de caractère
Les scénaristes ont beaucoup travaillé la personnalité des personnages principaux, qui ont tous leur zone d'ombre - sauf le robot sans filtre K-2SO, qui sert de soupape comique. Notamment Jyn Erso, qui, dans la grande tradition de la princesse Leia et de la sénatrice Amidala, est une femme de caractère, indépendante, déterminée et intelligente. La véritable héroïne, un personnage féminin? Un bon point. Les dialogues sont efficaces à défaut d'être particulièrement significatifs. 
Fait notable, la force est singulièrement absente de Rogue One. Les rebelles utilisent leur force de caractère, leur courage, le sentiment de défendre une noble cause et, surtout, l'espoir comme moteur de leur lutte armée contre l'Empire galactique («les rébellions sont bâties sur l'espoir»). Ce sont des «vrais» gens, pas des chevaliers Jedi.
Le dernier acte, dans un violent affrontement guerrier avec de nombreuses pertes sur le terrain, prend aussi ses distances avec l'iconographie habituellement assez inoffensive de sept autres films. Il fait clairement référence à la Seconde Guerre mondiale. Le montage parallèle utilisé par Edwards, alternant scènes de combat avec celles d'une mission menée par les héros, produit un réel effet de suspense qui nous tient en haleine.
Cela dit, il y a tout de même des clins d'oeil aux premiers films de Lucas, dont un très appuyé avec la présence de Darth Vader à un moment-clé de l'histoire.
La finale, plutôt bien tournée, s'avère une agréable surprise si ce n'est le fait qu'à l'instar des mauvais films d'horreur, elle ne finit plus de finir avant sa véritable conclusion. 
En prenant ses distances avec les Stars Wars précédents, Rogue One donne un peu d'oxygène à une série trop souvent sur le pilote automatique. Ce ne sera toutefois pas suffisant pour séduire ceux que les aventures intergalactiques indiffèrent.
Au générique
Cote: ***
Titre: Rogue One: une histoire de Star Wars
Genre: science-fiction
Réalisateur: Gareth Edwards
Acteurs: Felicity Jones, Diego Luna et Mads Mikkelsen
Classement: général
Durée: 2h13
On aime: la profondeur psychologique, la distance avec les originaux
On n'aime pas: les rebondissements qui n'en finissent plus, la musique pompeuse