Rock’n roll est une autofiction où l’acteur quarantenaire Guillaume Canet est prêt à tout pour casser son image de ringard.

Rock’n roll, une pitoyable farce **

CRITIQUE / Si ce n’était de la présence de Guillaume Canet et Marion Cotillard dans le haut de l’affiche, Rock’n roll n’aurait jamais eu une carrière en salle au Québec. Et tout le monde s’en serait très bien passé. Sous le prétexte de l’autodérision, cette pitoyable comédie satirique, qui n’est pas drôle du tout, s’avère d’un ennui mortel en plus de multiplier involontairement les moments de malaise…

Rock’n roll est une autofiction où Canet veut s’attaquer au jeunisme et rire du fait qu’en vieillissant, il n’est plus très hot. Et se plaindre, sans en avoir l’air, qu’il vit dans l’ombre de sa célèbre conjointe… Les deux jouent leurs propres rôles.

Cette crise de la quarantaine débute avec une boutade lancée par une jeune actrice (Camille Rowe), qui joue avec Canet dans un film de Philippe Lefebvre. Un prétexte pour avoir un tournage dans le film, un peu à la Nuit américaine (1973) de François Truffaut. L’acteur partage d’ailleurs une vague ressemblance avec le regretté réalisateur.

On est loin toutefois de la subtilité de ce dernier: tout reste en surface. Au fond, Canet regrette de n’être pas très sexe, drogue et rock’n roll. Sans qu’on sache vraiment pourquoi, ni lui non plus, d’ailleurs. 

Il va donc entreprendre de saboter le film dans lequel il tourne en voulant être réalisateur à la place du réalisateur (bonjour le cliché de l’acteur égocentrique) et prendre tous les moyens inimaginables pour casser son image de gendre idéal sous le regard médusé de Marion Cotillard. Y compris s’habiller avec des jeans serrés et une veste de cuir trop petite…

Celle-ci n’y prête pas trop attention au début, occupée à préparer un rôle pour le prochain Xavier Dolan. Elle travaille son accent québécois (approximatif) et multiplie les expressions typiques du terroir. Assez amusant au début, mais rapidement lassant.

Avec les frères Attal

Outre la présence de sa compagne, le réalisateur des Petits mouchoirs (2010) en profite pour multiplier les apparitions de «vedettes» comme Johnny Halliday, Gilles Lellouche ainsi qu’Alain et Yves Attal. La scène démente où les deux frères pètent les plombs est le meilleur moment de ce long métrage à la réalisation terne qui multiplie les faux pas.

Entre autres avec ces parodies de clips (Cotillard qui imite Céline Dion, robe et perruques comprises, avec les clichés de la cabane au Canada), qui alourdissent un film qui compte déjà plusieurs longueurs. 

On pourrait continuer longtemps sur cet ego trip vulgaire et machiste, qui s’enfonce de plus en plus au fil du temps. Peut-être ajouter que pour un gars qui tente de casser son image fictive de ringard, Canet aurait dû emprunter une forme un peu plus audacieuse qu’un genre passé de mode depuis un bout…

Rock’n roll tourne à vide.

AU GÉNÉRIQUE

  • Cote: **
  • Titre: Rock’n roll
  • Genre: comédie satirique
  • Réalisateur: Guillaume Canet
  • Acteurs: Guillaume Canet, Marion Cotillard
  • Classement: général
  • Durée: 2h03
  • On aime: la présence de Cotillard. La scène démente avec les frères Attal
  • On n’aime pas: tout le reste