Tout dans La révolte n’est que prétexte à des scènes de batailles interminables où on détruit les plus d’immeubles possible sans trop faire de cas de tous ceux qui sont massacrés au passage.

Rives du Pacifique: énormément de bruit pour rien **

CRITIQUE / Steven S. DeKnight chaussait de grandes bottes pour ce deuxième opus de Rives du Pacifique, celles de Guillermo del Toro. Et comme le cinéaste mexicain peinait à mettre un pied devant l’autre, le réalisateur américain, lui, s’est carrément enfargé en tentant de faire encore plus gros, avec énormément de bruit et pas grand-chose comme résultat. C’est à peine mieux que les pitoyables Transformers.

Évidemment, La révolte se situe dans le prolongement du premier. Il en épouse même le schéma dramatique : la mort d’un personnage. Cette fois, Mako (Rinko Kikuchi), la grande sœur de Jake Pentecost (John Boyega, le Finn des Star Wars). Le fils du héros sacrifié du film original devra surmonter ce traumatisme pour vaincre les démons qui le hantent et sauver le monde… Très original. 

L’action de ce deuxième opus se passe 10 ans plus tard et met en vedette une jeune génération de pilotes des Jeager, des robots géants, qui affrontent les Kaiju. Ces énormes monstres qui sortent des profondeurs de l’océan sont les créatures d’extraterrestres déterminés à anéantir l’humanité…

Tout ceci n’étant évidemment qu’un prétexte à des scènes de batailles interminables où on détruit les plus d’immeubles possible sans trop faire de cas de tous ceux qui sont massacrés au passage. Godzilla peut retourner au fond de la mer… 

Il y a bien une variation sur le thème du savant fou auquel la créature échappe, mais disons que ça reste une tentative. Steven S. DeKnight, lui, a plutôt échappé le contrôle de la grosse machine hollywoodienne, qui l’a broyé pour en faire de la chair à tâcheron. Il faut dire que le réalisateur venant de la télé, la marche était vraiment trop haute et il a pris une spectaculaire débarque.

Insipide et ridicule

En fait, l’insipidité du scénario mince comme une feuille de papier malgré sept scripteurs (!!!) n’a d’égale que le ridicule consommé des dialogues. Les acteurs sont mal dirigés et pitoyables, sauf exception. Bogeya réussit tout de même à être presque convaincant quand il hurle «aidez-moi à sauver le monde». Quant à Scott Eastwood (Snowden), il a la beauté brute de son père, mais manifestement pas son talent…

Point positif : la grande diversité de la distribution, avec presque autant de femmes que d’hommes. Côté race, on remarque plusieurs acteurs asiatiques, dont Jing Tian, vue dans Kong : Skull Island.

La raison en est assez simple : La révolte est conçu en fonction du marché chinois, le deuxième en importance au monde après les États-Unis. Ce n’est guère surprenant puisque la principale maison de production du film, Legendary, a été vendue en 2016 au conglomérat chinois Dalian Wanda. 

Ceci expliquant cela, de bonnes parties du scénario sont en mandarin et beaucoup de scènes se déroulent à Shanghaï, dans la province du Shandong ou encore à Hong Kong.

Grand bien leur fasse. Mais je suggère que le prochain chapitre, annoncé à la fin, ne sorte qu’en Asie. Ça nous fera ça de moins sur nos écrans…

AU GÉNÉRIQUE

Cote: **

Titre: Rives du Pacifique: la révolte

Genre: science-fiction

Réalisateur: Steven S. DeKnight

Acteurs: John Boyega, Scott Eastwood, Cailee Spaeny

Classement: général

Durée: 1h52

On aime: honnêtement, rien

On n’aime pas: à peu près tout