Josh Wiggins et Sophie Nélisse affiichent une très belle complicité, mais Rêves noirs ne leur laisse pas beaucoup de place pour exprimer leur talent.

Rêves noirs: le salut dans la fuite **1/2

CRITIQUE / Si Sophie Nélisse n'était pas tout en haut de l'affiche de Rêves noirs (Mean Dreams), le film de Nathan Morlando n'aurait jamais été diffusé en salle ici. Pas seulement parce qu'il est très rare qu'on puisse voir les longs métrages du ROC (Rest of Canada). Surtout, en fait, parce que le Torontois signe un suspense tellement maladroit et prévisible qu'il en est presque affligeant.
Cinq mois plus tard, on s'étonne encore que le deuxième long métrage du Torontois, après Citizen Gangster, reçu avec des critiques mitigées en 2011, ait pu se rendre au Festival de Cannes. Rêves noirs a été présenté à la Quinzaine des réalisateurs (une section parallèle).
Rien dans son scénario ou sa réalisation ne se distingue des trop nombreuses productions du genre. Rêves noirs trouvera peut-être un public auprès des jeunes, qui s'identifieront aux mésaventures vécues par les deux adolescents au centre du récit.
Casey (Nélisse) et son père (Bill Paxton) viennent s'installer à la campagne pour des raisons troubles. Très rapidement, la jeune dégourdie se lie d'amitié avec son voisin, le timide mais avenant Jonas (Josh Wiggins), qui vient aussi d'une famille dysfonctionnelle. Isolés et sans personne à qui se confier, ils vont rapidement nouer une idylle et chercher le salut dans la fuite - un rite de passage vers l'âge adulte.
Mais avant, Jonas va dérober un sac plein d'argent au père de Casey, un flic violent et corrompu. Le psychopathe veut - évidemment - récupérer à tout prix son bien, sans aucune considération pour sa fille et son nouveau copain.
En disant s'être inspiré de La balade sauvage (Badlands - Terrence Malick) et Non, ce pays n'est pas pour le vieil homme (les frères Coen), Nathan Morlando n'aide pas sa cause. Au jeu des comparaisons, Rêves noirs fait pâle figure. Le réalisateur a le sens de la composition, mais son style ne se distingue en rien. Il y a bien quelques belles images de la ruralité et une évocation (peu convaincante) de ce monde sans pitié où vivent des reclus et des adeptes du libre arbitre, mais l'ensemble devient rapidement lassant.
Les deux jeunes acteurs ont vraiment une très bonne complicité, mais le film ne leur laisse pas beaucoup de place pour exprimer leur talent. Même chose pour Paxton, qui, par contre, frise parfois la caricature du méchant sans foi ni loi caché sous l'uniforme. Il faut dire que les dialogues sont souvent affligeants et ce road-movie n'évite aucun cliché. 
Le suspense est efficace, mais dénué de toute originalité. Rêves noirs ne laissera aucune impression durable au spectateur qui s'y risquera.

Au générique
Cote: ** 1/2
Titre: Rêves noirs
Genre: suspense
Réalisateur: Nathan Morlando
Acteurs: Sophie Nélisse, Josh Wiggins et Bill Paxton
Classement: 13 ans et plus
Durée: 1h48
On aime: la complicité des deux acteurs 
On n'aime pas: les clichés, la faiblesse du scénario, le manque d'originalité