Avec des paysages magnifiques en toile de fond, Retour en Bourgogne est l'histoire du retour du frère aîné (Pio Marmaï, au centre) au vignoble familial.

Retour en Bourgogne: un bon cru ***

CRITIQUE / Retour en Bourgogne se déroule dans un vignoble, mais on va éviter les métaphores vinicoles, promis. Même s'il est un peu question de la fabrication du vin dans ce nouveau film de Cédric Klapisch. L'intérêt est ailleurs : dans les relations cahoteuses qu'entretiennent deux frères et une soeur à la mort de leur père. Le réalisateur français a l'art de rendre ses personnages attachants et Retour en Bourgogne ne fait pas exception.
Comme le titre québécois l'indique, le long métrage prend prétexte d'un retour, celui de Jean (Pio Marmaï) après une absence de 10 ans. Il revient au vignoble familial où il retrouve sa soeur Juliette (Ana Girardot) et son frère Jérémie (François Civil). Parti sans donner d'explications ni de nouvelles depuis cinq années, sa soeur et son jeune frère ne savent trop sur quel pied danser avec cet aîné taciturne qui ne se livre pas facilement.
D'autant que le trio se retrouve avec un lourd héritage : le vignoble, en propriété indivise. Sans l'argent pour payer les droits de la succession, ils doivent jongler avec différents scénarios, notamment la vente. Mais il y a plus urgent : les vendanges...
C'est dans ce contexte que Klapisch pose sa caméra, avec des paysages magnifiques en toile de fond, parfois un peu trop appuyée dans les moments plus dramatiques. Qui ne sont d'ailleurs pas les plus révélateurs, sauf ceux qui mettent en scène Juliette, dans le rôle d'une femme introvertie qui doit prendre sa place dans un monde d'hommes. Ana Girardot (Un homme idéal), pétillante, fait des merveilles dans cette belle et progressive éclosion.
Le réalisateur de L'auberge espagnole (2002) a plus le sens de la comédie que du drame. Les meilleures scènes sont celles où le rire prend le dessus. Notamment lorsque les frères imaginent un dialogue sur une scène qui se déroule à distance sous leurs yeux. Le résultat est franchement hilarant.
Sur une année
L'aspect documentaire de Retour en Bourgogne permet aussi de maintenir l'intérêt. Toutes les étapes de la fabrication, de la récolte jusqu'au mûrissement, sont filmées avec rigueur. Klapisch maîtrise son sujet et la présence de Jean-Marc Roulot, dans le rôle d'homme de confiance de la fratrie, n'y est certainement pas étrangère. L'acteur (Les saveurs du palais, Quai d'Orsay) est aussi vigneron...
Le cinéaste a d'ailleurs eu la bonne idée de filmer l'action sur une année complète. Une métaphore pertinente du cycle de la vie et de son éternel recommencement, mais aussi de l'évolution de Jean, Juliette et Jérémie. Le trio doit composer avec le décès du paternel et leurs nouveaux rôles respectifs. À ce propos, le personnage de Jérémie, à la limite de la caricature, est beaucoup plus faible que les deux autres. Et on aurait aimé que Klapisch sorte des clichés concernant l'incommunicabilité père-fils.
Même s'il étire la sauce à la fin, le réalisateur livre avec Retour en Bourgogne un portrait attachant et tendre. Un feel good movie, quoi.
AU GÉNÉRIQUE
Cote: ***
Titre: Retour en Bourgogne
Genre: comédie dramatique
Réalisateur: Cédric Klapisch
Acteurs: Pio Marmaï, Ana Girardot et François Civil
Classement: général
Durée: 1h54
On aime: les personnages attachants, le jeu pétillant d'Ana Girardot, le ton humoristique
On n'aime pas: des longueurs à la fin, quelques clichés