Le très attendu <em>La déesse des mouches à feu </em>d’Anaïs Barbeau-Lavalette sera sur les écrans le 25 septembre.
Le très attendu <em>La déesse des mouches à feu </em>d’Anaïs Barbeau-Lavalette sera sur les écrans le 25 septembre.

Rentrée: le cinéma québécois en renfort

Éric Moreault
Éric Moreault
Le Soleil
La saison automnale sert habituellement de rampe de lancement pour les Oscars, mais il en sera autrement en 2020. Avec un menu minceur et marqué par la précarité, il devient hasardeux de dresser une liste des films qui seront présentés en salle. Heureusement qu’il y a le cinéma québécois, le Dune de Denis Villeuve et James Bond!

Ce sont en effet les longs métrages d’ici qui tiendront le haut du pavé. À commencer par Nadia, Butterfly, le drame sportif de Pascal Plante retenu pour la sélection officielle de Cannes 2020 qui prendra l’affiche le 18 septembre. Le film sera présenté en ouverture du Festival de cinéma de la ville de Québec, deux jours avant.

Suivra, le 25 septembre, le très attendu La déesse des mouches à feu d’Anaïs Barbeau-Lavalette, présenté en première mondiale à Berlin en février dernier, puis Souterrain (9 octobre) de Sophie Dupuis. La réalisatrice, qui avait fait une entrée fracassante dans notre cinématographie avec Chien de garde (2018), propose un drame ancré dans sa région natale de Val-d’Or. On note aussi Nulle trace (30 octobre) de Simon Lavoie (La petite fille qui aimait trop les allumettes).

Notre attention se portera ensuite vers la Maria Chapdelaine de Sébastien Pilote (Le vendeur), dont le tournage vient tout juste d’être complété après une pause imposée par la pandémie de COVID. Cette nouvelle version cinématographique du roman de Louis Hémon, avec une solide distribution, sera à l’affiche le 11 décembre.

<em>Dune</em> de Denis Villeneuve, à l'affiche le 18 décembre.

Il ne s’agit pas d’un film québécois, loin de là, mais son réalisateur, lui, n’a jamais oublié d’où il vient. Coronavirus ou pas, le Dune de Denis Villeneuve aurait suscité autant d’enthousiasme en vue de son arrivée le 18 décembre. Cette nouvelle adaptation du classique de science-fiction de Frank Herbert, après celle de David Lynch, s’annonce prometteuse après le faste visuel de Blade Runner 2049.

Sinon, l’increvable James Bond risque de drainer des foules, d’autant qu’il s’agirait du dernier tour de piste de Daniel Craig en 007 — à condition qu’Universal ne repousse la date encore une fois. Mourir peut attendre est attendu pour le 25 novembre.

Daniel Craig dans la peau de l’increvable James Bond.

Entre-temps, plusieurs longs métrages français pourraient profiter du vacuum créé par la COVID-19 autour du cinéma hollywoodien, qui livrera avec parcimonie quelques films, dont Wonder Woman 1984 et Black Widow (voir plus bas).

Vive De Gaulle!

Parmi ceux-ci, De Gaulle avec Lambert Wilson dans la peau du célèbre général (malgré des critiques mitigées en France), le 25 septembre; Les choses qu’on dit, les choses qu’on fait d’Emmanuel Mouret (Madame de Joncquières), qu’on pourra voir au FCVQ avant son arrivée en salle le 2 octobre; le prenant Trois jours et une vie de Nicolas Boukhrief avec Sandrine Bonnaire le 9 octobre et Été 85 du toujours excellent François Ozon, le 13 novembre.

Dans un registre plus léger, soulignons Belle-fille avec Miou-Miou (2 octobre) et le désopilant La Daronne avec Isabelle Huppert dans le rôle d’une traductrice qui devient trafiquante de drogues (18 décembre).

Du côté du cinéma d’auteur, le film le plus attendu de l’automne : The French Dispatch (16 octobre) du très créatif Wes Anderson, avec une distribution qui donne le tournis : Benicio Del Toro, Adrien Brody, Tilda Swinton, Léa Seydoux, Frances McDormand, Timothée Chalamet et Bill Murray.

Le film le plus attendu de l’automne : <em>The French Dispatch</em> (16 octobre) du très créatif Wes Anderson avec, entre autres, Elisabeth Moss, Owen Wilson, Tilda Swinton, Fisher Stevens et Griffin Dunne.

Dans le même panier

Hollywood est victime cet automne de sa désagréable propension à mettre tous ses œufs dans le panier des superproductions. Celles-ci coutent tellement cher qu’il s’avère impossible de les rentabiliser alors que plusieurs cinémas sont encore fermés ou soumis à des jauges réduites (sans compter la désaffectation d’une partie du public).

Plusieurs films n’atterriront dès lors dans les salles obscures qu’en 2021. Reste à l’horaire Wonder Woman 1984 (2 octobre) avec Patty Jenkins derrière la caméra et Gal Gadot devant dans le rôle-titre; Mort sur le Nil (23 octobre) de Kenneth Branagh; Black Widow de Marvel (6 novembre) et le West Side Story de Spielberg (18 décembre). Sous toutes réserves.

On peut espérer dans les prochains mois Mank de David Fincher, Ammonite de Francis Lee, Nomadland de Chloe Zhao et News of the World de Paul Greengrass, mais rien n’est moins sûr.

Soupir de soulagement

Dans ce contexte, les propriétaires de cinéma ailleurs dans le monde ont certainement poussé un soupir de soulagement avec l’apparition de Tenet. Sept jours avant son arrivée en salle aux États-Unis et sans la Chine, le drame d’espionnage futuriste de Christopher Nolan a réalisé un box-office de 70 M$ pour sa première fin de semaine dans 41 pays.

Ce n’est pas la panacée pour autant. Le distributeur Warner Bros. exige 63% des ventes de billets...

Pas surprenant que les cinémas cherchent à tout prix à diversifier leurs sources de revenus en essayant d’autres formes de représentations — concerts classiques ou pop en direct, combats de la WWF (World Wrestling Federation), etc.

Les expositions en relève

Mais ceux-ci sont maintenant une denrée rare. Cineplex Odeon s’est donc tourné vers les documentaires sur des expositions majeures. Léonard De Vinci — Une nuit au Louvre sera le premier de la série (à compter du 16 septembre). Les conservateurs Vincent Delieuvin et Louis Frank agissent comme guides des œuvres réunies en 2019 pour le 500e anniversaire de la mort du génie.

Fallait y penser : puisqu’il est difficile de voyager, pourquoi ne pas amener les musées à proximité! Frida Kahlo, Modigliani et Botticelli suivront.

À condition, bien sûr, que les cinémas tiennent le coup et qu’une éventuelle seconde vague de COVID ne force les autorités sanitaires à fermer les salles. L’écosystème cinématographique demeure fragile...