Marie-Pierre Fecteau, Pier-Olivier Renaud et Caroline Tétreault ont fondé la coopérative culturelle Les Trois-Quarts et le Festival interactif de cinéma de Lévis.

Rendre Lévis complètement cinéma

Vouloir vivre de cinéma à Lévis, c'est possible? Trois jeunes mordus qui sont passés par le programme de cinéma du Cégep de Lévis-Lauzon ont trouvé un moyen de dynamiser leur milieu et de travailler dans leur domaine, en fondant la coopérative culturelle Les Trois-Quarts et en mettant sur le pied le Festival Interactif de cinéma de Lévis (FICL).
«Notre but est de travailler pour la communauté, de créer un intérêt pour le cinéma et pour les arts. On ne veut pas faire des millions, mais on veut pouvoir se donner un petit salaire», indique Marie-Pierre Fecteau. Avec ses complices Caroline Tétreault et Pier-Olivier Renaud, elle s'est d'abord impliquée dans le collectif de production audiovisuelle Boîte d'allumettes, «un regroupement de réalisateurs qui voulaient du cinéma en région et ne pas s'exiler à Montréal». Un cours de lancement d'entreprise plus tard, Les Trois-Quarts était né pour créer, en parallèle, un moyen de faire de la diffusion et de rejoindre le public.
«On a fait la tournée des festivals au Québec et on trouvait qu'il manquait souvent un volet familial et un volet d'apprentissage pour montrer tous les métiers du cinéma, pas seulement la réalisation et le jeu de comédien. Nous voulions montrer comment on fait des effets spéciaux, des cascades, des maquillages et tout le travail qu'il y a derrière un film», explique Mme Fecteau.
<em>Chika, die Hündin im Ghetto</em>, de Sandra Schießl
Le Festival sera donc, comme son nom l'indique, très interactif. Des ateliers ont été pensés pour permettre aux jeunes d'expérimenter le côté actif du cinéma : trampoline, tournage de scènes de combat, conception de costumes et d'autres activités à confirmer seront au menu.
Le tout sera concentré sur une seule journée, le samedi 26 août, pour cette première édition. «Pour l'avenir, on vise une programmation étalée sur trois jours et de demie, la fin de semaine avant que l'école débute, avec une projection chaque soir. C'est un peu flou encore, mais selon ce qui va fonctionner cette année, on va s'ajuster pour l'année prochaine», indique Mme Fecteau. 
Courts métrages variés
La programmation de films sera constituée d'une quarantaine de courts-métrages, répartis en cinq blocs de projection : deux pour le volet plus traditionnel - la compétition - seront proposés à l'Anglicane; deux blocs surtout constitués de films d'animation s'adresseront aux 5 à 13 ans au Patro de Lévis alors qu'un bloc sera projeté à l'extérieur en soirée, pour les 13 ans et plus. 
«C'est intéressant d'avoir des courts-métrages, parce qu'on peut en présenter beaucoup. C'est aussi un médium peu vu et peu connu par la population. Il y a beaucoup de variété, c'est plus diversifié, il y a plus d'explorations», explique l'organisatrice. 
Le FICL accueillera des films d'Allemagne, de Belgique, de France, de Russie, de Moldavie, du Liban, de la Suisse, de la République tchèque, grâce aux contacts établis par les organisateurs lors de leur tournée des festivals québécois.
<em>La peau sauvage</em>, d'Ariane Louis-Seize
Environ la moitié du corpus provient du Québec et du Canada. Plusieurs réalisateurs seront sur place à Lévis le 26 août, dont Lou-Pascal Tremblay, qui a joué dans 1:54 de Yan England.
Pour illustrer la variété des propositions, Mme Fecteau évoque Citipati, qui vient d'Allemagne, est une animation en 3D sur l'extinction des dinosaures, Urban Audio Spectrum de Marina Schnider, un travail audio et vidéo plus expérimental sur la ville de Berlin, Les Misérables, un film français sur la corruption au sein de la brigade anti-crime de Marseille et Monsieur Le Maire, un court-métrage comique inspiré de la corruption à Laval. 
Né avec la volonté de contrer l'exode de ceux qui veulent faire carrière en cinéma, le Festival sera aussi l'occasion d'entendre une conférence du réalisateur lévisien Feber E Coyote, qui travaille sur son premier long métrage de fiction, et de Daniel Ferland des Productions Synergie, initiateur du projet de Bureau de Cinéma et Télévision de Chaudière-Appalaches.