Robin Aubert a jumelé humour et passion devant un public captif.

REGARD: Robin Aubert à cœur ouvert

Dans le cadre le la 22e édition du festival REGARD sur le court métrage, le cinéaste Robin Aubert a livré de précieux conseils à plusieurs dizaines de passionnés de cinéma, samedi après-midi, à la salle Murdock, à Chicoutimi.

Celui qui s’est fait connaître comme acteur, notamment, à Radio Enfer, avant de se lancer comme cinéaste a répondu aux questions de l’animatrice Manon Dumais pendant un peu plus d’une heure. Le principal intéressé a jumelé de brillante façon son humour qui le caractérise, tout en abordant des sujets personnels.

«Tout est là pour la suite des choses dans la vie. On met la table. Quand je regarde  Saint-Martyrs-des-Damnés (son premier long métrage), je trouve que ça me ressemble. C’est moi : complexe, plein de défauts et une couple de qualités ici et là, lance-t-il en riant. En même temps, un film doit te ressembler. Au début, tu veux montrer ce que tu sais faire avec tous les effets, mais tu épures avec le temps. [...]. Faire un film, c’est imprimer sa personnalité!»

Par contre, le film À l’origine d’un cri, une oeuvre produite en 2010 qui a été sélectionnée dans plusieurs festivals prestigieux, a touché une de ses cordes sensibles.

«Il y a toujours une part de toi que tu n’aimes pas. Tu peux faire des films pour tuer tes démons, mais ils vont te suivre après. [...] Parfois, tu fais des films pour des mauvaises raisons qui peuvent devenir des bonnes raisons par la suite. Tu fais un film plus personnel, peut-être pour tuer tes démons, mais c’est pour devenir meilleur! À l’origine d’un cri, ce n’est pas un bon film. J’ai pu imprimer certaines choses qui m’ont aidé à m’améliorer. Mon regret avec ce film est que je n’ai pas été capable de le protéger [des critiques] . Je m’en veux, je l’ai comme renié! Je ne le reverrai jamais ce film-là, quand je le vois, je pense à mon grand-père», laisse entendre Robin Aubert, visiblement émotif.

Le cinéaste recommande aux jeunes cinéastes de garder leur spontanéité, tout en préservant une certaine naïveté pour se démarquer dans le domaine. Il insiste également sur l’importance de voyager pour élargir ses horizons, soulignant au passage que de nombreux périples à l’étranger ont changé sa vie.

«Je fais un film avec une part de subconscient, cela apporte de l’attrait au cinéma, juge-t-il! Quand je m’en vais dans un musée, [Jean-Paul] Riopelle n’est pas en arrière de sa toile et Rosa Bonheur n’est pas là pour me dire pourquoi elle a dessiné sa vache de même.Le spectateur a une responsabilité de réfléchir!»

Avant de conclure, Robin Aubert a su faire rire le public une dernière fois.

«En terminant, j’ai une chose à dire: oubliez tout ce que je viens de dire et faites à votre tête!»