Radin! repose sur le jeun de Dany Boon, qui se fait économe de ses effets, en accord avec son personnage.

Radin!: généreux en rires ***

CRITIQUE / On ne se contera pas d'histoire. Radin! est d'abord et avant tout conçu pour mettre le talent comique de Dany Boon en évidence. Pointer les incohérences scénaristiques, la fin forcée et la réalisation convenue n'occulte pas le fait que ce divertissement léger remplit sa mission de faire rire en se moquant d'un défaut presque tabou: l'avarice.
Radin! n'est pas une transposition de L'avare de Molière, tant s'en faut. Mais François Gauthier (Boon), comme Harpagon, chérit son argent au détriment de tout le reste. Au point de vivre seul, pour éviter de partager son bien. Toute sa vie est réglée pour éviter de payer quoi que ce soit. Jusqu'à utiliser son banquier comme psy pour confier ses angoisses et ses manoeuvres de grippe-sou...
Mais voici qu'arrive au Conservatoire Valérie (Laurence Arné), une violoncelliste douce-dingue, et à sa porte Laura (Noémie Schmidt), une jeune femme qui se prétend sa fille! Le violoniste doit à tout prix cacher ce qui ressemble à un TOC à la première - la soirée au restaurant est d'un burlesque délirant. Et faire croire à la deuxième qu'il économise chaque centime pour la bonne cause : le financement d'un orphelinat au Mexique! 
On s'en doute, Gauthier va s'enfoncer dans le mensonge, dans un cas comme dans l'autre, pour notre plus grand plaisir.
L'ensemble repose sur le jeu de Boon, qui se fait économe de ses effets - en accord avec son personnage. Sauf en certains moments, comme au restaurant ou encore lors d'un concert donné par Gauthier, branché sur le 220, et son orchestre. Sa performance de violoniste s'avère totalement crédible pour le néophyte.
Ses comparses féminines ne ménagent pas leurs efforts, aidées par une galerie de personnages secondaires qui pimentent le récit, notamment le voisin monoparental de Gauthier et ses six gamins!
Toutefois, l'ensemble finit par s'empêtrer dans la répétition et le manque de profondeur des protagonistes, notamment dans la relation père-fille, d'une superficialité navrante. Ce n'est pas le pire. Celui-ci loge au dernier tiers, quand le long métrage bascule dans le mélodramatique et les bons sentiments, et qu'on décroche complètement. Bon, c'est cute, mais totalement plaqué.
Au lieu de mener le récit à sa conclusion logique, Fred Cavayé a opté pour la facilité. Le réalisateur de films d'action (Pour elle, À bout portant) s'attaque pour la première fois à une comédie et on ne peut pas dire qu'il se distingue outre mesure. Il y a bien quelques éclats ici et là, mais l'ensemble est plutôt dans les normes. 
Remarquez, ça marche plutôt bien: 1,5 million d'entrée en France depuis sa sortie, il y a deux semaines. On se dit toutefois que ses créateurs auraient eu intérêt à développer certains thèmes qui sont à peine esquissés: la peur de manquer d'argent, le consumérisme (qui dévore les autres à l'opposé de notre radin), la solitude...
Bref, généreux en rires, mais économe sur le reste.
Au générique
Cote: ***
Titre: Radin!
Genre: comédie
Réalisateur: Fred Cavayé
Acteurs: Dany Boon, Laurence Arné, Noémie Schmidt
Classement: général
Durée: 1h29
On aime: les moments burlesques, la surprenante retenue de Boon
On n'aime pas: les bons sentiments à la fin, les personnages typés