Rachel Graton a réalisé un rêve en tournant avec Denis Côté dans Répertoire des villes disparues.

Rachel Graton: En pleine ascension

Rachel Graton fait écarquiller bien des yeux depuis quelques années en enchaînant les rôles marquants, autant à la télé que sur les planches. Malheureusement, l’actrice de 33 ans se fait plutôt rare au cinéma. Elle n’a donc pas hésité à jouer dans Répertoire des villes disparues, même pour un petit rôle. D’autant que le film lui donnait l’occasion de côtoyer Denis Côté, un cinéaste qu’elle admire depuis… ses études en cinéma!

La diplômée de l’École nationale de théâtre a en effet étudié le 7e art au collège Ahuntsic, où la découverte des États nordiques (2005) fut une révélation. «J’ai trouvé qu’il avait une démarche singulière. Ça rejoignait ce que j’aime profondément du cinéma», dit la cinéphile avouée pour qui tourner avec Côté est la réalisation d’un «rêve».

Pendant trois saisons, son rôle de Laurence Bousquet lui a permis de côtoyer Ricardo Trogi (1991, Le mirage), qui réalisait Les Simone pour la télé. «On ne s’est pas parlé officiellement de cinéma, mais les deux on reconnaît qu’un a eu une belle rencontre et qu’il fallait qu’on se retrouve.»

Rachel Graton aimerait d’ailleurs plus de rôles au cinéma ou même se retrouver derrière la caméra, mais l’artiste est passablement occupée. Outre le jeu, elle écrit. Sa première pièce, La nuit du 4 au 5, qui aborde une agression sexuelle de divers points de vue, lui a permis de décrocher le prix Gratien-Gélinas 2017. Et la bourse pour la monter, dans une mise en scène de Claude Poissant.

Elle finalise d’ailleurs son adaptation au cinéma avec Alexis Durant-Brault (qui l’a dirigée dans Au secours de Béatrice, à la télé, et qui a réalisé La petite reine et C’est le cœur qui meurt en dernier).

Cette tape dans le dos lui a donné la confiance nécessaire pour poursuivre sa résidence d’écriture au Théâtre d’Aujourd’hui. Le nouveau fruit de cette collaboration, 21, sera présenté à cet endroit du 16 avril au 4 mai. «C’est l’histoire d’une jeune qui vient d’être admise en centre jeunesse et de son intervenante, le parcours de leur relation à travers le plan d’intervention. Le tout se passe sur un demi-terrain de basketball.»

La présentation survient tout juste après sa tournée québécoise avec la pièce Bilan de Marcel Dubé, qui s’est d’ailleurs arrêtée dans la capitale récemment. Mais ces derniers mois, c’est assurément son incarnation explosive de Rachelle Lauzon dans Fait divers qui a retenu l’attention. On a vu l’actrice sous un visage totalement différent, avec une présence très physique et intense.

«J’essaie toujours de proposer quelque chose de différent. Ça me fait plaisir d’entendre ça. Je ne veux pas me présenter comme Rachel Graton.» Même dans Les invisibles où elle joue son propre rôle? «C’est moi, mais c’est une Rachel qui n’est pas vraiment moi, qui veut faire de l’humour. Même si ça emprunte des traits de ma vie, ce n’est pas vraiment moi. C’est très drôle», rigole-t-elle. Éric Moreault