La volonté de diversifier la distribution dans la version cinéma de la série Power Rangers est réjouissante.

Power Rangers: l'union fait la force **1/2

CRITIQUE / Power Rangers est un exemple éloquent de la soif d'Hollywood pour des franchises (six suites sont déjà en préparation) et la possibilité de vendre une tonne de produits dérivés. Ce qui explique ce troisième long métrage basé sur la série télévisée dont le but est de relancer la saga des super-héros adolescents à la défense du bien. Disons que ce n'est pas très convaincant.
Ce désir de redémarrer la machine ne signifie évidemment pas repartir à zéro. Le scénario de John Gatins puise abondamment à la mythologie des premières années de la série (1993-1996) avec les cinq héros originaux et la méchante de service d'époque, la sorcière Rita Repulsa (Elizabeth Banks, complètement survoltée), ainsi que Zoldan (Bryan Cranston, rien de moins), le mentor des Power Rangers, et le robot Alpha 5.
On vous épargne le long résumé de la mythologie, le film s'en occupe. Suffit de savoir que des jeunes sont recrutés et entraînés à se métamorphoser (grâce à une technologie extraterrestre, bien sûr) pour former l'escouade des Power Rangers. Ce qui leur permet ensuite de piloter des machines d'assaut, les Zords.
Dans cette version-ci, les ados en question sont des rebelles qui habitent une petite ville américaine et étouffent sous le poids des conventions. Réunis par le hasard, ils devront apprivoiser leur nouvelle condition, autrement dit vieillir, pour s'unir et défendre Angel Grove contre les visées de la vilaine Repulsa, qui veut tout détruire pour mettre la main sur un cristal précieux. La mince recette habituelle, pleine de vide...
La volonté d'actualiser la distribution en termes de diversité s'avère, par contre, assez réjouissante. Bien sûr, chaque jeune représente un archétype (le sportif, le décrocheur, le nerd, la belle, la dingue...), mais avec une twist. L'intérêt est ailleurs : il y a un Asiatique, un Noir, une Hispanique et deux Blancs. Parmi eux, un autiste et une lesbienne. Il est aussi question d'intimidation par sexto. L'idéal aurait été de développer un peu plus la psychologie des personnages. On peut toujours rêver.
La réalisation de Dean Israelite (Projet Almanach) ne révolutionne rien, mais elle est suffisamment dynamique pour maintenir l'intérêt. En fait, malgré l'aspect prévisible, les clichés et les dialogues creux, on a presque un vrai film avec une touche d'humour et un arc dramatique reposant sur l'affrontement entre le bien et le mal. Jusqu'à la dernière demi-heure «d'action», où les robots s'affrontent, la ville explose en tout sens et la méchante se déchaîne. La routine, quoi...
Parlant de Rita Repulsa, Elizabeth Banks (la Effie Tinket d'Hunger Games) s'en donne à coeur joie. Naomi Scott, Kimberly, la Ranger rose, s'en tire plutôt bien - assez pour démontrer que son talent dépasse les limites de ce rôle. Même chose pour le Canado-Chinois Ludi Lin (le Ranger noir).
N'empêche, on peut se demander quel public est visé par ce produit. Les ados? Trop vieux pour ça. Les jeunes, qui peuvent encore suivre la série à la télé, et leurs parents nostalgiques? Les trois miens, qui ont entre 9 et 14 ans, n'ont aucune envie d'y aller. Ouf : pas besoin d'y retourner! Et si j'étais vous, j'attendrais la sortie en vidéo sur demande. Vos dollars cinéma vont être mieux investis ailleurs.
Au générique
Cote: **1/2
Titre: Power Rangers
Genre: science-fiction
Réalisateur: Dean Israelite
Acteurs: Naomi Scott, Dacre Montgomery et RJ Cyler
Classement: général
Durée: 2h04
On aime: la diversité, la réalisation dynamique
On n'aime pas: la recette, l'aspect prévisible, le manque de profondeur