Place au court: «La partie», d'Alexandre Isabelle

Alexandre Isabelle a l’habitude de dire qu’il «né dans le sirop d’érable». Membre d’une quatrième génération de sucriers, le professeur de philosophie au cégep Lévis-Lauzon a choisi de faire de la cabane à sucre familiale le pivot de son court-métrage La partie.

La maladie et la mort, mais aussi une renaissance symbolique, se profilent dans ce drame à la touche poétique tourné à Armagh, dans Bellechasse, dans lequel un homme (Luc Proulx) compose difficilement avec la maladie dégénérative de son épouse, confinée à un fauteuil roulant (Christiane Pasquier).

Le printemps est dans l’air et la partie de sucre familiale, prétexte à des réjouissances, se pointe au calendrier. Mais cette année, le rassemblement est teinté par la détresse de ce mari (et aussi aidant naturel), bouleversé par l’état de sa conjointe.

«La fiction, c’est une manière de sculpter ma vie», explique l’enseignant cinéaste de 32 ans, déjà auteur du court-métrage Le serment, qui présente son film comme «un combat entre l’austérité de l’hiver et l’ivresse du printemps», entre la vie plus forte que tout et la mort qui cherche à faire son nid.

D’où cette finale métaphorique qui laisse plusieurs spectateurs perplexes, mais que le principal intéressé voit comme une façon «d’imaginer la mort de façon heureuse».

Pour Alexandre Isabelle, la cabane à sucre ne relève pas du folklore qu’on se plaît ressusciter pour la galerie à chaque printemps. «Je n’ai jamais vu ça comme quelque chose de folklorique, avec les chemises à carreaux et les violoneux, mais quelque chose de vivant et poétique.»

Pour son plus grand bonheur, la partie de sucre familiale a d’ailleurs lieu en fin de semaine…