Image tirée du court-métage Enjambées

Place au court: Enjambées

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Noémie Brassard se souvient très bien comment sa passion pour le documentaire est née. D'abord convaincue qu'elle ferait carrière au théâtre, elle étudiait au Cégep Limoilou en attendant de pouvoir se présenter au Conservatoire. Puis, la femme de 24 ans a eu une véritable révélation en voyant l'incroyable La bête lumineuse (1982) de Pierre Perrault. «Ça m'a complètement renversée.»
Le regretté réalisateur aurait été ravi d'avoir suscité une vocation... Car du «jour au lendemain», la Québécoise décide qu'elle veut faire du documentaire, «même si je n'ai pas compris ce que j'ai vu». Intuitivement, elle saisit que le réel surpasse la fiction sur bien des aspects. «C'est comme travailler la matière brute. On a accès à l'Homme», explique-t-elle en entrevue. 
La chose l'a interpellée dès son premier court, Défriche (2013). Qui a d'ailleurs mené au second, Enjambées, qui donne la parole à Joséphine. À 10 ans, elle a un pied dans l'enfance et un autre dans l'adolescence, une époque où le corps change et l'innocence de l'enfance s'estompe. «Ce qui m'intéressait, c'est cette période floue dont on ne parle pas beaucoup. Une période difficile.»
La protagoniste de son premier film lui a permis de rencontrer cette jeune fille «lucide, alerte et mature» pour son âge. La réalisatrice a voulu lui donner la parole en intercalant des images de l'école de ballet où elle étudie. «C'est un sujet délicat. Je voulais voir comment elle pouvait être à l'aise d'en parler.»
Sa candeur et sa franchise séduisent. Le court métrage documentaire est choisi dans plusieurs festivals, tous très différents. De Reykjavik à Vancouver, trois fois plutôt qu'une, en passant par les Rendez-vous du cinéma québécois et le prix du public au Festival de films féministes de Montréal. Au moment de l'entretien, la réalisatrice rentrait tout juste de Florac, au coeur des Cévennes, en France, où Enjambées a participé au Festival 48 images seconde. «Mes deux films ont voyagé plus que moi!» s'exclame-t-elle.
Tout à la joie d'accompagner le destin de son film, la cinéaste n'a pas encore de projet pour le prochain. Donc, place à Enjambées.
Enjambées, par Noémie Brassard