Philippe Falardeau, dont le film Monsieur Lazhar est à l'affiche des Percéides, se dit impatient de rencontrer les cinéphiles à Percé. 

Philippe Falardeau emballé par les Percéides

Le cinéaste Philippe Falardeau entrevoit avec un enthousiasme contagieux sa venue en Gaspésie à l'occasion du Festival international de cinéma et d'art les Percéides, débutant mercredi. Dans son cas, c'est la rencontre avec des cinéphiles qui contribue le plus à son bonheur.
Philippe Falardeau en sera à sa troisième visite en Gaspésie. Ce sera toutefois son premier séjour depuis qu'il est cinéaste, et il a hâte d'échanger avec le public de la péninsule, lui qui est plus habitué au contact avec un auditoire citadin.
«À l'extérieur des grandes villes, les films se rendent moins facilement à travers les réseaux commerciaux. Les événements comme les Percéides sont des façons de promouvoir, d'appuyer les réseaux qui sortent des circuits commerciaux. Je fais des films de culture urbaine. Je parle peu des réalités rurales, mais j'ai participé à des festivals à Rouyn, à Baie-Comeau, à Gatineau. On a ajouté une classe de cinéma en plus à Percé», dit-il, vantant «la programmation sans fausse note» des Percéides.
Cette classe de cinéma aura lieu après la projection de Monsieur Lazhar samedi matin. M. Falardeau y parlera de son travail de création, de scénariste et de réalisateur, en plus de présenter des séquences d'images inédites du film, tournées lors des auditions.
«Je veux transmettre des idées, comment je travaille. Je n'ai pas étudié en cinéma. Ce n'est donc pas théorique. L'idée, c'est de donner un sens à l'image, donner une façon de maximiser les moyens et l'image. Les gens peuvent développer leur propre méthode de travail», précise-t-il.
Le cinéaste présentera aussi à Percé son deuxième long métrage américain, Chuck, qui raconte l'histoire du boxeur Chuck Wepner qui, dans les années 70, a combattu les plus grands de sa génération, Ali, Foreman, Frazier, ramassant souvent des raclées au passage, mais en évitant le tapis. C'est son histoire qui a inspiré le film Rocky.
Philippe Falardeau participera aussi à la ciné-croisière de samedi après-midi, une excursion en mer devant Percé et l'île Bonaventure, dans laquelle il présentera ses projets de films et sa démarche de cinéaste.
My Salinger Year
À propos de projets, à des fins de financement, il dépose cette semaine à la SODEC le scénario de son prochain film, My Salinger Year, une adaptation au cinéma du livre de Joanna Rakoff.
«C'est un film en anglais, avec un casting anglais. Il faut aller chercher des acteurs connus. Je pense que nous pourrions tourner en février et mars, si le financement est réglé. Ce sera tourné à Montréal et à New York. J'aimerais faire les intérieurs à Montréal et les extérieurs à New York», explique le cinéaste.
«My Salinger Year se lit comme un roman, mais c'est une histoire vraie, d'une jeune étudiante en littérature qui veut devenir auteure. Elle travaille dans une agence et sa tâche consiste à ouvrir et lire le courrier de l'auteur J.D. Salinger et de répondre qu'il ne lit pas le courrier de ses lecteurs. Elle finit par s'impliquer émotivement dans cette tâche», poursuit le cinéaste. Il croit que le film pourrait sortir à l'automne 2018.