Le jury a estimé que Les arts de la parole d'Olivier Godin «est une preuve incontestable qu'il est possible d'aller aux confins de ce que le cinéma peut offrir et d'y amener avec soi le spectateur».

Olivier Godin brille aux Percéides

Le cinéaste Olivier Godin a remporté le grand prix du jury pour son long métrage, Les arts de la parole, lors du Festival international de cinéma les Percéides, tard dimanche, à Percé, en Gaspésie. Le prix du court métrage par excellence a été remis à Marc Wilkins, pour Bon voyage, une co-production suisse, grecque et turque.
Du film d'Olivier Godin, le jury note que «jamais il ne tient le spectateur à bout de bras. Ce film est une preuve incontestable qu'il est possible d'aller aux confins de ce que le cinéma peut offrir et d'y amener avec soi le spectateur, qu'il est possible de sortir des sentiers déjà tracés tout en étant profondément humain, drôle, lumineux, rassembleur».
Quant au court métrage de Marc Wilkins, le jury remarque qu'il a «su aborder le sujet des migrants dans toute sa complexité et ses contradictions sans jamais rencontrer l'écueil de la moralisation». Il a su «mettre en lumière le sentiment d'impuissance ressenti tant par les témoins que les victimes des régimes politiques brimant les libertés individuelles et collective».
Deux autres métrages ont reçu des mentions du jury, La partie, d'Alexandre Isabelle, et Slurpee, de Charles Grenier.
Le jury a de plus décerné de façon unanime le prix du meilleur documentaire canadien ONF-ACIC, ainsi que la bourse de 5000$ offerte par l'Office national du film à La résurrection d'Hassan, de Carlo Guillermo Proto. Les jurés ont été conquis par ce film «humain, sensible [...] Le réalisateur nous entraîne, avec une délicatesse infinie, dans la quête spirituelle d'une famille de non-voyants, hantée par la mort de leur fils».
Le documentaire Une autre, de Nils Caneele, a reçu une mention spéciale du jury, «pour sa proximité troublante avec son sujet».
Le jury a décerné le prix Gaspésie-les-Îles des Percéides à L'air de vent de Jonathan Tremblay, notamment «pour la composition monochrome significative et empreinte de nostalgie qui se marie bien avec le scénario».
Animateur d'une classe de cinéma et d'une croisière-cinéma, le président d'honneur des Percéides, Philippe Falardeau, est revenu enchanté de son séjour en Gaspésie, son premier en 20 ans, et des échanges qu'il y a faits.
«On se souvient que c'est beau, la Gaspésie, mais à quel point, je ne pense pas. En plus, j'ai fait de belles découvertes, de nouveaux films et aussi des réalisateurs, dont je connaissais les noms parfois, mais pas les films [...] Ces rencontres permettent d'ouvrir ses horizons à d'autres façons de travailler. On ne peut surfer sur l'expérience qu'on accumule. J'ai beaucoup aimé le film d'Olivier Godin, Les arts de la parole [...] En le regardant, je me disais : "wow, qu'est-ce que c'est que ça?" Je devais me questionner sur sa façon de travailler, et la mienne», analyse M. Falardeau. 
Achalandage à la hausse
Sans savoir exactement quelles sont les statistiques d'achalandage, le directeur artistique des Percéides, François Cormier, réalise qu'elles sont à la hausse, notamment grâce à la maturité de l'événement, qui fêtera ses 10 ans en 2018, mais aussi en raison du nombre de lieux de diffusion.
«En ajoutant le Centre d'art, en plein coeur de Percé, à la plage et à la Vieille usine, et des activités comme la ciné-croisière, ça rend le festival accessible à tous les publics, et il devient intergénérationnel [...] Il y a des gens qui nous découvrent encore, mais nous avons maintenant un public attaché au festival», conclut M. Cormier.