Julien Lacroix et Adib Alkhalidey incarnent respectivement un simple d’esprit et un dépressif dans la comédie Mon ami Walid.

Mon ami Walid: voyage au bout de l'ennui * 1/2

CRITIQUE / Tourné en seulement dix jours, après une campagne de sociofinancement qui a permis de rejoindre 753 donateurs, la comédie Mon ami Walid est pour ainsi dire un projet qui s’est développé dans l’urgence. Or, malgré l’audace et l’originalité de sa recherche de financement, le duo derrière l’aventure, les humoristes Julien Lacroix et Adib Alkhalidey, a manifestement raté son coup. Et pas à peu près.

La maladie mentale, thème dans l’air du temps s’il en est un, est au cœur de cette comédie dramatique rachitique où un imbécile heureux, Antonin (Lacroix), employé oisif dans un supermarché, décide de prendre sous son aile Walid, un collègue de travail déprimé et suicidaire (Alkhalidey, également derrière la caméra). 

Pour Antonin, la recette semble simple pour redonner le goût de vivre à son nouvel ami : voir du monde pire que lui. Que ce soit ce sans-abri speedé, cette mère et son jeune fils mal embouchés ou ces ennuyants participants à un atelier d’Alcooliques anonymes se déroulant dans une mosquée, ce n’est pas ce qui manque dans le coin.

Fort louable, l’idée d’un film sur l’importance de tendre la main à son prochain prochain en difficulté, mais encore faut-il que le scénario propose autre chose que des personnages sans substance, englués dans un récit brinquebalant du début à la fin, farci de séquences interminables. Le minimum acceptable est à peine atteint.

On ne croit pas une seule seconde à cette histoire d’amitié. Antonin et Walid évoluent à la fois ensemble et chacun de son côté. La chimie n’opère tout simplement pas. Julien Lacroix reste cantonné dans un agaçant one man show où il s’évertue à crier, ou plutôt hurler, des gags plus que douteux, alors que Alkhalidey (Like-moi) se contente de traîner platement son mal de vivre jusqu’à sa guérison inexpliquée et inexplicable. Tout cela avant de voir Antonin se retrouver à l’institut psychiatrique d’où il avait visiblement obtenu son congé trop rapidement.

De Guy Jodoin (en gérant lubrique d’épicerie) à Christian Bégin, en passant par Sophie Cadieux, Debbie Lynch-White et Laurent Paquin, plusieurs comédiens et humoristes ont gracieusement accepté d’apparaître à l’écran quelques minutes. Du lot, c’est de loin Bégin qui se distingue (la compétition n’était pas féroce, avouons-le), dans le rôle d’un gourou de l’atelier de AA, dépassé par le crétinisme de ses ouailles. Au final, ça fait bien peu à mettre sous la dent.

En deux mots comme en mille, un film raté sur la toute la ligne.

Au générique

Cote : * 1/2

Titre : Mon ami Walid

Genre : comédie dramatique

Réalisateur : Adib Alkhalidey

Acteurs : Julien Lacroix, Adib Alkhalidey, Guy Jodoin, Christian Bégin, 

Classement : 13 ans+

Durée : 1h18

On aime : le personnage de Christian Bégin

On n’aime pas : tout le reste