Ed Skrein (le lieutenant Dick Best) et Mandy Moore (Ann Best)

Midway: tirer en tout sens ** 1/2

CRITIQUE / Roland Emmerich aime bien les films d’action patriotiques qui mettent en évidence le courage d’un héros sans peur et sans reproche. Bien que le réalisateur soit plus enclin à la science-fiction, il ne faut guère se surprendre qu’il revisite la bataille de Midway, en 1942. Mais en tirant en tout sens, il rate la cible.

Midway relate un tournant décisif de la guerre du Pacifique. Six mois après l’attaque-surprise de Pearl Harbor par les forces navales japonaises, la marine américaine se rapproche dangereusement de la déroute.

L’équipe des renseignements pilotée par Edwin Layton (Patrick Wilson) intercepte des communications qui laissent présager à une attaque imminente des Japonais, qui désirent anéantir le reste de la flotte en profitant de leur force de frappe supérieure.

Les Américains veulent servir à leurs rivaux leur propre médecine : l’attaque-surprise. Le courage et la détermination des pilotes qui décollent des portes-avions sont leurs principales armes.

L’histoire va donc s’attacher à certains d’entre eux, en particulier l’intrépide lieutenant Dick Best (Ed Skrein), un cow-boy qui n’en fait souvent qu’à sa tête. Un héros imparfait, mais ceux qui gravitent dans son orbite apparaissent bien pâles — le scénario de Wes Tooke embrasse trop large et, forcément, mal étreint.

En vieux routier, Roland Emmerich livre la marchandise dans les scènes d’action. Avec les effets spéciaux actuels, les batailles aériennes s’avèrent visuellement époustouflantes. Les plans d’avions qui descendent en plongée au milieu des balles traçantes sont à couper le souffle. Ça ne fait pas un film pour autant.

Emmerich n’a jamais fait dans la subtilité et ce n’est pas avec un tel sujet qu’il va commencer. Le metteur en scène du Jour de l’indépendance et de Maison-Blanche en péril n’est pas Christopher Nolan. Midway ne peut rivaliser avec l’extraordinaire Dunkerque, tant sur le plan de la réalisation que du scénario. 

D’autant que le long métrage s’essouffle vers la fin alors qu’il devrait plutôt y atteindre son apothéose.

On peut le créditer de sa rigueur historique et d’offrir un point de vue plus équilibré que les films de guerre d’époque, beaucoup plus manichéens. Il flatte néanmoins le patriotisme états-unien dans le bon sens.

La principale faiblesse de ce film visuellement impressionnant réside dans le fait qu’Emmerich a failli à donner une ampleur épique à son récit. Et puisque ses marins américains se révèlent unidimensionnels, le spectateur ne doit pas s’attendre à ce que leurs vis-à-vis japonais aient de la substance. Un véritable échec compte tenu de l’imposante distribution (chapeau à Woody Harrelson en amiral Nimitz).

Midway représente un intérêt certain d’un point de vue historique. Mais ceux qui se passionnent pour la Seconde Guerre mondiale, en général, et à la bataille du Pacifique en particulier n’y trouveront rien de neuf à se mettre sous la dent.

Dommage.

Au générique

Cote : ** 1/2

Titre : Midway

Genre : Drame historique

Réalisateur : Roland Emmerich

Acteurs : Ed Skrein, Patrick Wilson, Luke Evans, Woody Harrelson 

Classement : Général

Durée : 2h18

On aime : la rigueur historique. Les scènes aériennes.

On n’aime pas : l’éparpillement. Le manque de souffle. Les personnages unidimensionnels.