Mia (Daniah De Villiers) et son spectaculaire lion Thor.

Mia et le lion blanc: Lumière sur les chasseurs de trophées ** 1/2

CRITIQUE / Les bonnes idées et les belles images ne font pas toujours un bon film. Pourtant, Mia et le lion blanc part d’une bonne intention — dénoncer l’élevage d’animaux sauvages au bénéfice de «chasseurs» de trophées. Il offre aussi un fantastique contexte de tournage, la jeune actrice ayant passé trois ans au quotidien avec le lion en question. Le résultat, un téléfilm convenu et au message surligné, est toutefois décevant.

Gilles de Maistre, documentariste aguerri qui a surtout travaillé pour la télé, s’est inspiré d’une entrevue qu’il a réalisée pour imaginer cette histoire de la famille Owen en Afrique du Sud.

John Owen (Langley Kirkwood) a hérité de la ferme de son père. Il y élève des animaux pour les touristes, avec l’aide de sa femme Alice (Mélanie Laurent) et de leurs enfants Mia (Daniah De Villiers) et Mick (Ryan McLennan).

Mia a 11 ans lorsque naît un lionceau blanc. La jeune rebelle développe une relation en symbiose avec Thor, qui dort dans son lit. Le film nous fait partager leur quotidien à quatre mois, à huit mois, à deux ans…

Après un accident avec une femme, ses parents exigent que Mia arrête d’entrer dans son enclos. Une injonction à laquelle l’ado frondeuse va évidemment désobéir en cachette.

Lorsque Thor, devenu un lion magnifique, fête son troisième anniversaire et Mia ses 14 ans, le paternel, acculé à des problèmes financiers, complote pour le vendre à un sinistre entremetteur (le méchant de service).

Lorsque Mia découvre le pot aux roses, elle va s’enfuir avec Thor et tenter de rejoindre une réserve protégée.

Pas question de remettre en question le message de ce long métrage à la Walt Disney, dégoulinant de bons sentiments et d’images d’Épinal de la nature sauvage. Mais le ton, naïf et prêchi-prêcha, finit par tomber sur les nerfs.

Bien sûr que Mia et le lion blanc est un film familial. Les images de la jeune actrice et du lion sont formidables. D’abord cute à mort avec le lionceau, puis franchement à couper le souffle lorsque Thor atteint l’âge adulte. Cette complicité, sans trucage, mérite toute notre admiration.

Ce qui n’est pas le cas du scénario appuyé et de ses personnages stéréotypés.

Reste que le film a le grand mérite de braquer le projecteur sur une pratique méconnue : l’abattage de lions en enclos par des «chasseurs» fortunés. La pratique — lucrative — est tout à fait légale en Afrique du Sud. Environ 10 000 félins auraient été tués de cette façon depuis les années 1980.

Il resterait 20 000 lions à l’état sauvage en Afrique, en grande majorité dans des aires protégées.

Au générique

Cote : ** 1/2

Titre : Mia et le lion blanc

Genre : Aventures

Réalisateur : Gilles de Maistre

Acteurs : Daniah De Villiers, Mélanie Laurent, Langley Kirkwood

Classement : Général

Durée : 1h38

On aime : la relation entre Mia et son lion. La dénonciation de la chasse aux trophées.

On n’aime pas : le scénario convenu. Le manque de nuances. L’abus de bons sentiments.