Megan Leavey explore les liens complexes qui se créent entre une militaire déployée en Irak (Kate Mara) et son chien, Rex, dressé pour détecter des explosifs.

Megan Leavey: le meilleur ami de la femme ***

CRITIQUE / Megan Leavey s'inscrit dans cette veine très populaire en ce moment des drames «basés sur une histoire vraie». Celle d'une jeune femme instable qui s'engage dans les marines américains et va trouver un sens à sa vie auprès d'un berger allemand! Le film a le mérite d'explorer le fort lien qui se développe entre un humain et son animal plutôt que de verser dans la propagande guerrière.
L'histoire de Megan Leavey (Kate Mara) a tout du scénario patriotique à la sauce américaine. Celui d'une jeune femme à la dérive qui se reprend en main dans l'armée, qui apprend à dompter un chien dominant et agressif pour en faire un partenaire doué pour détecter les explosifs, et qui devient une soldate exemplaire lors de son déploiement en Irak. Le duo sera blessé par une bombe artisanale en 2006 et fera néanmoins acte de bravoure. 
Mais, et c'est un gros mais, on retrouve une femme derrière la caméra : Gabriela Cowperthwaite, réalisatrice du puissant documentaire Blackfish (2013). Son approche, feutrée et résolument non sensationnaliste, contraste fortement avec une vision plus centrée sur l'action et l'endoctrinement peu subtil habituellement adoptée par les tâcherons du métier.
Sans en chanter les louanges, son film montre quand même les militaires sous un jour favorable. Reste qu'il explore surtout les liens complexes qui se créent entre la soldate et Rex. Au point où ceux-ci souffrent des mêmes symptômes de stress post-traumatique après l'explosion qui passe proche de leur coûter la vie.
Le principal intérêt y réside, d'ailleurs. Megan en vient à donner plus d'attention à son chien qu'à son chum (Ramon Rodriguez) - elle traite Rex sur un pied d'égalité. Une attitude qui contraste avec celle de la hiérarchie militaire, pour qui l'animal a une fonction utilitaire. Deux visions qui vont s'affronter après le retour de la jeune femme à la vie civile...
Avec un titre comme Megan Leavey, on se doute bien que cet hybride entre le drame psychologique et le film de guerre tourne autour de sa protagoniste. Trop, au détriment des autres personnages secondaires, négligés par un scénario parfois prévisible et qui reste trop souvent en surface.
La réalisation de Cowperthwaite est efficace, mais très convenue, même si elle place parfois sa caméra à la hauteur de son acteur canin. La cinéaste aurait eu avantage à resserrer le propos, ce qui aurait contribué à augmenter la tension dramatique. La finale est d'un kitsch à hurler. 
Reste que Megan Leavey compte plusieurs bons moments, certains très émouvants. Les amoureux des chiens, et ils sont nombreux, y trouveront leur compte, mais aussi matière à réflexion. Notamment sur l'aspect thérapeutique induit par un animal de compagnie (un fait avéré). 
Les chiens font partie de nos vies depuis la nuit des temps. Et ils représentent parfois bien plus qu'on veut l'admettre, même si on s'en doute. Megan Leavey ne verse pas dans le sentimentalisme ni l'anthropomorphisme pour autant. C'est déjà beaucoup.
Au générique
Cote:  ***
Titre: Megan Leavey
Genre: drame biographique
Réalisatrice: Gabriela Cowperthwaite
Acteurs: Kate Mara, Ramon Rodriguez et Common
Classement: général
Durée: 1h56
On aime: la touche féminine, le lien étroit entre Rex et sa maîtresse
On n'aime pas: l'aspect un peu prévisible, le patriotisme de bon aloi