Affaibli et vieilli, Logan (Hugh Jackman) se terre à la frontière du Mexique, où il prend soin du professeur Xavier (Patrick Stewart), lui aussi très diminué.

Logan: le meilleur pour la fin ***1/2

CRITIQUE / Logan est le dernier chapitre de la trilogie consacrée à Wolverine, personnage de la franchise des X-Men. James Mangold et Hugh Jackman, dans la peau du mutant, ont gardé le meilleur pour la fin. Le premier en brisant le moule des films de superhéros, le deuxième en offrant une performance sombre, mais nuancée. Seule la violence trop sanguinolente vient gâcher un peu le résultat.
L'action se situe en 2029. Logan, vieilli et affaibli, conduit une limousine à la frontière américano-mexicaine, où il se terre en prenant soin du Professeur Xavier (Patrick Stewart), lui aussi très diminué - il est sénile la moitié du temps. Le mutant aux griffes d'acier se bat contre le mal qui le ronge physiquement et mentalement. 
Les mutants ont été rayés de la carte et aucun n'est né depuis 25 ans. Jusqu'à ce qu'apparaisse Laura (Dafne Keen). À 11 ans, la petite bête sauvage enfermée dans son mutisme a toutes les caractéristiques de Logan. Et est convoitée par les sbires lugubres de Transigen, une compagnie qui fabrique de petits mutants-soldats à base d'ADN. La seule façon de leur échapper est de fuir vers un refuge appelé Éden, puis de gagner le Canada!
Pas de démesures, d'explosions de villes et d'effets spéciaux à tout casser comme d'habitude. Pas beaucoup d'action non plus. James Mangold a choisi de faire fi des conventions du genre en épousant celles du western (et du road movie) - un genre qu'il a déjà tâté avec son remake de 3:10 pour Yuma (2007). Il en utilise d'ailleurs quelques trucs éprouvés comme les gros plans des yeux dans les duels sur fond de musique pleine de tension.
À la Impardonnable
Logan est un justicier solitaire qui ne veut plus se battre, à la Impardonnable (Clint Eastwood, 1992), réticent à protéger l'orpheline d'un gang de sans foi ni loi. Mangold va jusqu'à faire un clin d'oeil appuyé lorsque le trio en fuite regarde un extrait de Shane (1953), grand classique de George Stevens, à la télévision de leur hôtel. «On se met hors de la vie quand on a tué», dit le protagoniste du film, une citation qui s'applique directement à Logan, qui lutte tant bien que mal contre sa nature.
Autrement dit, le réalisateur de Walk the Line (2005) a décidé de faire un film profondément humain, avec un protagoniste hanté par son passé, diminué (il a de la difficulté à guérir, boîte et tousse constamment) et qui sombre dans la dépression. En fait, ce n'est presque plus un film de superhéros. Même si les thèmes habituels des X-Men sont sous-jacents : eugénisme, manipulation génétique, racisme, discrimination...
Il est toutefois surprenant, dans le contexte, que l'émotion passe difficilement. Le jeu inspiré de Jackman n'est pas en cause. Il n'a jamais autant eu l'occasion de puiser dans un large registre et il le fait très bien. Le grand Patrick Stewart, dont le jeu se limite pratiquement aux seuls regards, est impérial. Quant à la petite Dafne Keen, son naturel la rend absolument convaincante en mini-Logan. Mais on est peu touché alors que les occasions ne manquent pas.
Là où le bât blesse vraiment, toutefois, c'est dans l'extrême violence dans laquelle sombre Logan dans les scènes de combat. Cet aspect gore provoque un gros malaise, surtout quand il est le fait de Laura (c'est bien beau, la nature animale, il y a des limites).
Ces bémols ne diminuent en rien la qualité de ce divertissement d'impact, malgré son aspect prévisible. Dans l'ensemble, il s'avère une surprenante réussite. C'est ce qu'on appelle finir en beauté.
Au générique
Cote: ***1/2
Titre: Logan
Genre: drame fantastique
Réalisateur: James Mangold
Acteurs: Hugh Jackman, Patrick Stewart et Dafne Keen
Classement: 13 ans et plus
Durée: 2h17
On aime: le détournement des conventions, le jeu des acteurs, la réalisation inspirée
On n'aime pas: la violence excessive, le manque d'émotions