Une nouvelle génération d'acteurs, dont Ellen Page, incarne les étudiants en médecine tentés par une expérience de mort clinique dans la «réinterprétation» du film sorti en 1990.

Lignes interdites ressuscite la fascination pour l'au-delà

Que vous imaginiez l'au-delà avec des anges ailés et des harpes, des sphères célestes ou des retrouvailles avec des proches décédés, Hollywood a sûrement déjà représenté votre vision du royaume des cieux sur grand écran.
Du Ciel peut attendre à La vie est belle de Frank Capra, en passant par Le sixième sens, les studios ne manquent pas d'imagination quand il s'agit de représenter la vie après la mort.
Le dernier film à s'attaquer à cette thématique est Lignes interdites (version française de Flatliners), suite-reprise du film de Joel Schumacher sorti en 1990. Le pitch est le même: des étudiants en médecine tentent une expérience de mort imminente pour provoquer une mort clinique, aller dans l'au-delà, et en revenir.
«La mort est la dernière grande inconnue. C'est comme les profondeurs de l'océan ou de l'espace», a expliqué à l'AFP le réalisateur danois Niels Arden Oplev (Millenium) avant la sortie du film vendredi aux États-Unis.
Une nouvelle génération d'acteurs interprète les intrépides étudiants en médecine, joués en 1990 par Kevin Bacon, Julia Roberts et Kiefer Sutherland, qui fait une petite apparition dans le nouveau film.
Ellen Page (Juno), Diego Luna (Rogue One : Une histoire de Wars Story) seront ainsi à l'affiche de ce film produit par Michael Douglas, déjà producteur du film de Joel Schumacher en 1990.
Mais pour Niels Arden Oplev ce remake, qui met plus l'accent sur les angoisses psychologiques des personnages, est une métaphore pour les solutions de facilité auxquels des jeunes pourraient être tentés d'avoir recours.
«La concurrence est tellement rude de nos jours pour avoir un métier, c'est tellement plus dur qu'il y a 27 ans que les jeunes maintenant doivent prendre plein de trucs pour rester éveillés et étudier pendant 12 heures», explique-t-il.
«Ils veulent tous prendre un raccourci et prendre une pilule magique qui rendra leur vie géniale. Et tout d'un coup, vous réalisez que c'était super sympa, c'était génial, mais maintenant il y a un prix à payer pour ça, et vous ne l'aviez pas vu venir», ajoute-t-il.
Dans son film, le prix à payer est le suivant : les étudiants doivent faire face à des phénomènes paranormaux qui les confrontent à leur passé et à des actes qu'ils regrettent profondément.
Reprise ou suite?
Pour rendre Lignes interdites aussi réaliste que peut l'être une production hollywoodienne, Niels Arden Oplev s'est attaché les services d'experts médicaux, comme la consultante Lindsay Somers et son réseau d'infirmiers, de neurochirurgiens et de radiologues.
Tous les diagnostics portés à l'écran devaient être authentiques et les acteurs ont appris comment correctement administrer des injections, à la manière d'un vrai médecin.
«Bien sûr, nous faisons un film hollywoodien et pas un documentaire, nous avons pris des petites libertés, mais globalement, nous avons essayé de rester aussi fidèles que possible à la réalité», explique Lindsay Somers.
Une autre différence entre les deux versions du film est l'intensité mise dans les scènes de tension psychologique, qui sont plus fortes pour mieux correspondre aux attentes d'une génération davantage habituée à être bousculée dans les salles de cinéma.
«Le vocabulaire utilisé dans les films, notamment les films d'horreur, a beaucoup changé en 27 ans. Les spectateurs en attendent plus maintenant qu'en 1990», raconte Niels Arden Oplev.
Le réalisateur de 56 ans, contacté en 2013 par Sony pour s'occuper du remake, explique également n'avoir regardé l'original que deux fois pendant la production de son film. «Le vieux film est une superbe inspiration, mais nous ne faisons pas un remake, nous faisons une réinterprétation», assure-t-il.