Le scénario simpliste et affligeant du film Les Schtroumpfs - le village perdu sert, de toute évidence, de véhicule à produits dérivés.

Les Schtroumpfs: pouvoir aux filles! **

CRITIQUE / Les Schtroumpfs - le village perdu se veut une tentative pour relancer la franchise après les deux longs métrages en animation 3D de Raja Gosnell, en 2011 et 2013, qui comprenaient aussi des acteurs en chair et en os. La critique n'a pas été tendre envers ceux-ci, soulignant la faiblesse du scénario et son manque de charme. Mais, voilà, ça ne les a pas empêchés de récolter de grosses recettes au box-office... D'où cette nouvelle mouture à la sauce Calinours, qui ne fait guère mieux!
Ce long métrage d'animation aurait plutôt dû s'intituler Les aventures de la Schtroumpfette. Seule parmi tous les garçons, elle fait une fugue pour trouver sa vraie nature et, accessoirement, le village perdu en question dans la forêt interdite. 
Aidée par les Schtroumpfs costaud, à lunettes et maladroit, qui l'ont suivie, elle veut prévenir ses habitants de l'arrivée imminente du diabolique Gargamel et son chat Azraël (nommé d'après l'ange de la mort...). Le quatuor découvre avec stupeur qu'il est habité uniquement par des... Schtroumpfettes!
L'idée du girl power aurait été bonne si on ne s'était pas retrouvé avec un groupe de fifilles avec les fleurs, le tai-chi et les petits bijoux cutes. Il y a même un lapin phosphorescent qui fait des bruits de cheval. J'imagine que les licornes étaient parties gambader sur le double arc-en-ciel... Heureusement qu'il y a les libebrûles et la coccinelle multitâches qui prend des photos et les imprime sur des palmes!
Cette forêt aux motifs psychédéliques ne masque pas le fait que l'animation est plutôt fade, que l'humour maladroit tombe presque toujours à plat et que le récit prévisible manque de rythme et d'originalité.Pourtant, Kelly Asbury s'y connaît, lui qui a réalisé, entre autres, Shrek 2 (2004) et Gnoméo et Juliette (2011). Mais les impératifs de mise en marché ont sûrement pris le dessus sur les considérations artistiques. Comme souvent.
Ce pauvre Peyo doit se retourner dans sa tombe. Car ce scénario simpliste et affligeant sert, de toute évidence, de véhicule à produits dérivés. L'arrivée d'une quantité industrielle de nouvelles Schtroumpfettes n'est pas innocente : on veut aller chercher les petites consommatrices aussi.
Cela étant, le film véhicule tout de même des valeurs d'entraide, de bonté et de don de soi qui s'avèrent un message positif. À tout prendre, vaux mieux la fable morale avec le côté fleur bleue que le cynisme ambiant.
Les tout-petits (huit ans et moins) y trouveront leur compte. Les autres risquent de trouver le temps long. En fait, il serait mieux de laisser tranquille l'univers des petits bonshommes bleus. Ou de le confier à des artisans qui sauront en recréer la magie de l'enfance. La vraie. Pas celle, factice, destinée à gonfler les profits d'une multinationale...
Au générique
Cote: **
Titre: Les Schtroumpfs - le village perdu
Genre: animation
Réalisateur: Kelly Asbury
Classement: général
Durée: 1h30
On aime: le rusé Azraël
On n'aime pas: la liste serait trop longue