Les pépites raconte la fabuleuse histoire d'un couple de Français venus au secours d'enfants cambodgiens pour les sortir du dépotoir où ils vivaient.

Les pépites: coeurs en or ***

CRITIQUE / Mon collègue Marc Allard vous racontait, dans sa dernière chronique, les bienfaits de l'altruisme. Mais si vous voulez en constater les retombées concrètes et reprendre foi en l'humanité, il vous faut absolument voir Les pépites. Le documentaire raconte la fabuleuse histoire d'un couple de Français qui, à la retraite, a décidé de tendre la main à des enfants cambodgiens pour les sortir du dépotoir et les instruire. En 20 ans, plus de 10 000 enfants ont bénéficié de leur générosité sans limites.
Marie-France et Christian des Pallières sont de drôles de pistolet : nomades, aventuriers et ouverts d'esprit. C'est du moins ce que postule d'abord le long métrage documentaire. Puis Xavier de Lauzanne révèle qu'ils ont aussi des coeurs en or.
Après avoir élevé leurs quatre enfants et gagné leur vie, ils s'installent à Phnom Penh. D'abord Christian, jeune retraité, qui aide au redressement de l'enseignement du primaire. Marie-France vient le rejoindre un an plus tard, en 1996. Effaré, le couple découvre que des enfants vivent dans la décharge municipale où ils fouillent les ordures pour trouver à manger et faire un peu d'argent en recyclant des détritus. L'odeur est pestilentielle et la vision, insupportable.
Pleins de bonnes intentions, ils fondent rapidement Pour un sourire d'enfant, une ONG, afin d'aider ces petits à s'en sortir par l'éducation. Mais ce n'est pas si simple de les scolariser, puisqu'ils ne travaillent plus pour leur famille (quand ils en ont une). La solution : offrir du riz en échange aux parents. 
Il faut de l'argent pour ça. Alors, inlassablement, chaque année, le couple va solliciter ses compatriotes pour parrainer ces enfants. Avec les fonds recueillis, il va construire un immense complexe d'écoles, qui comprend aussi un centre de nutrition (où on sert 5000 repas par jour!), une infirmerie, un pensionnat et même, pour les plus vieux, un centre de formation professionnelle où sont offerts 28 métiers! Les élèves de l'option cinéma ont d'ailleurs participé au tournage de ce film...
Un long métrage d'une facture très professionnelle, d'ailleurs. Xavier de Lauzanne a une longue feuille de route de documentariste. D'une seule voix (2009), notamment, a obtenu plusieurs prix en festivals. Il insuffle beaucoup de bonnes idées de cinéma, avec des plans originaux et une caméra attentive à ceux qu'ils filment.
Ayant pu compter sur les images d'archives de la Fondation, il montre en parallèle les témoignages de ces enfants victimes des pires sévices (viols, violences, abandons...) et des adultes qu'ils sont devenus. Comme Leakhena, adoptée par Marie-France et Christian alors qu'elle avait 11 ans, et qui poursuit maintenant leur oeuvre. 
À ce propos, c'est peut-être le gros reproche qu'on peut faire au film : son manque de distance. Même si c'est pour la bonne cause, je sais reconnaître un panégyrique quand j'en vois un. Le documentaire manque aussi parfois de contexte, surtout pour un spectateur qui n'est pas français.
Reste que Les pépites fait du bien à l'âme. Et donne le goût le bâtir un monde meilleur, parce qu'avec un peu de volonté, une dose d'inconscience et beaucoup de courage, on peut transformer «des enfants abandonnés en bouquets de fleurs»...
Au générique
Cote: ***
Titre: Les pépites
Genre: documentaire
Réalisateur: Xavier de Lauzanne
Classement: général
Durée: 1h28
On aime: la générosité sans borne, la réalisation bien assurée
On n'aime pas: le manque de recul, un contexte parfois déficient