Dans Les bagnoles 3, le vétéran Flash McQueen est talonné par de nouveaux-venus, dont l'arrogant Jackson Storm, qui veulent le pousser vers la voie de garage.

Les bagnoles 3: bon retour en piste ***

CRITIQUE / Les bagnoles 3 partait avec quelques longueurs de retard après la sortie de route assez spectaculaire du deuxième volet (2011). Mais le retour en piste de Flash McQueen s'avère plutôt bien réussi - Pixar a voulu puiser dans son fonds de commerce humaniste plutôt que de miser seulement sur l'aspect vroom vroom.
Entendons-nous : on est loin de Ratatouille (2007) ou de Wall-E (2008). N'empêche, la décision est assez audacieuse. Onze ans après le premier volet des aventures de la voiture de course, le no 95 est rendu... vieux. Comme tous les sportifs d'élite, il se fait pousser dans le derrière par les jeunes - une nouvelle génération haute technologie!
Pas besoin de vous faire un dessin, c'est aussi toute la question, sur le marché du travail, de la capacité d'adaptation de la garde obsolète face aux jeunes qui veulent en découdre. Mais notre bon vieux Flash McQueen n'a pas l'intention de baisser les bras, même si Jackson Storm remporte désormais toutes les courses sur les chapeaux de roues.
McQueen embauche donc Cruz Ramirez, une jeune instructrice bien montée, pour se remettre en forme. Son nouveau commanditaire le pousse plutôt vers la retraite (bien sûr) pour pouvoir monnayer sa «marque» pendant qu'elle garde son lustre. Un pacte est conclu : la bagnole rouge doit gagner sa prochaine course ou se retirer...
Évidemment, tout le rutilant long métrage est conçu en fonction de cette apothéose. Il est tout de même fascinant de voir comment une histoire somme toute assez simple et éprouvée à la Rocky, avec une twist, permet aux adultes de se projeter, alors que les jeunes sont tout simplement fascinés par la grande qualité de la fabuleuse animation et s'identifient à des autos parlantes (une étrange forme d'anthropomorphisme, mais qui remonte à l'invention de la Ford modèle T...). L'humour, par contre, demeure enfantin et lourd.
Ce n'est pas les chars, comme on dit, mais saluons l'effort de Pixar pour relancer sa plus lucrative franchise, qui est aussi la plus faible, en ne cherchant pas seulement à vendre des produits dérivés. Les bagnoles 3 aborde la question du mentorat et de la transmission, glissant même du côté de l'héritage laissé par ceux qui partent (il y a des clins d'oeil appuyés au premier film). L'apprentissage donc, avec ses doutes et la question de la confiance en soi à gagner et à maintenir.
Si McQueen ne peut plus rivaliser en vitesse, il doit miser sur son expérience, son intelligence et sa résilience pour se motiver. Ce n'est peut-être pas de la fine psychologie, mais c'est mieux que la pensée positive à tout crin.
Les bagnoles 3 est un amusant divertissement de qualité, qui réussit parfois à nous faire vibrer, avec un coup d'accélérateur féministe de bon aloi (même s'il reste du chemin à faire). On n'en attendait pas tant.
Un court pour commencer
Pixar étant Pixar, le long métrage est précédé d'un court (les distributeurs et exploitants de salles québécois devraient prendre des notes...). Lou se veut un charmant petit film d'animation sans paroles sur l'intimidation, ses conséquences et la source de celle-ci. Sans prétention, rigolo et qui passe son message. Une bonne première partie.
Au générique
Cote: ***
Titre: Les bagnoles 3
Genre: animation
Réalisateur: Brian Fee
Classement: général
Durée: 1h48
On aime: l'effort de renouvellement dans la continuité, la formidable qualité de l'animation 
On n'aime pas: l'humour un peu lourd, la formule éprouvée, la superficialité des courses de chars