Dans son documentaire, Fernand Dansereau (à droite) s’entretient avec le collègue cinéaste Martin Duckworth, dont la femme est sévèrement atteinte de la maladie d’Alzheimer.

Le vieil âge et l’espérance: vieillir en sagesse ***

CRITIQUE / Il ne faudrait pas avoir peur de vieillir, dit-on, car c’est encore la seule façon de rester en vie. La réflexion fait sourire, et comme tous ceux qui arrivent au crépuscule de l’existence, Fernand Dansereau essaie de la mettre en pratique, même si ce n’est pas toujours chose facile au regard de l’inéluctable déclin physique et mental associé au grand âge.

À 91 ans, plutôt que de se laisser envahir par de sombres pensées sur la maladie et la souffrance, le réalisateur, poussé par une belle curiosité, a choisi de faire œuvre utile et de fournir à ses contemporains quelques piste de réflexion afin de mieux aborder cette ultime période de remise en question.

Dans ce qu’il considère comme son film testament, Le vieil âge et l’espérance, l’homme qui a roulé sa bosse comme réalisateur, producteur et scénariste, tourne sa caméra vers des amis et connaissances vieillissants, tous en questionnement face aux années qui leur restent. Gérontologue, psychologue, philosophe, anthropologue intervenant en soins spirituels et autres spécialistes font aussi part de réflexions éclairantes.

Quatre vieux camarades de cinéma du cinéaste, Denys Arcand, Jean Beaudin, Jean-Claude Labrecque et Marcel Sabourin, participent à l’exercice, réunis autour d’un repas qu’on devine mémorable. Pour Arcand, ce n’est pas facile vieillir, mais il n’y a pas d’autre choix que de continuer, sinon c’est la mort. Labrecque, lui, avoue n’avoir jamais pris conscience qu’il vieillissait. Ce qui l’amène à dire : «Quand on vieillit, on dirait que les gens qu’on a rencontrés, on les aime (davantage).»

Pour Fernand Dansereau, dont il s’agit du dernier volet d’un triptyque amorcé avec Le vieil âge et le rire (2011) et L’érotisme et la vieil âge (2017), il était important de donner la parole à quelques intervenants dont le départ est imminent, ce qui donne lieu à des témoignages émouvants. Comme celui de Pierre-Charles Audet, amaigri par un cancer, qui se confie depuis le lit d’un centre de soins palliatifs de Sherbrooke.

«La proposition de la vie, c’est d’avancer, alors tu t’en vas là, mon grand, et le tour est joué», confie-t-il avec une sérénité remarquable, heureux d’avoir fait la paix avec lui-même et ses proches.

Fernand Dansereau fait preuve d’une belle générosité dans sa quête existentielle. Son film est peut-être conventionnel dans sa forme, mais d’une grande pertinence sur le fond. La vieillesse est une succession de petits deuils, de grandes pertes, de renoncements, certes, mais comme le fait remarquer une travailleuse sociale, «dans le mot vieillir, il y a le mot ‘vie’». D’où la dernière image du film : un bourgeon sur le point d’éclore.

Cote : HHH

Au générique:

Cote: ***

Titre : Le vieil âge et l’espérance

Genre : documentaire

Réalisateur : Fernand Dansereau

Classement : Général

Durée : 1h27

On aime : la sagesse des réflexions, la diversité des intervenants

On n’aime pas : l’approche conventionnelle