Le retour du Roi lion et de Polanski

La citation de la semaine

«Plus tu perds, plus tu te sens libre. Et t’as de moins en moins le goût de remonter à la surface.»

— Abel (Tahar Rahim) qui explique à Ella (Stacey Martin) ce qui le grise dans sa dépendance pathologique au jeu dans Joueurs de Marie Monge

Premières images

Jon Favreau a cassé la baraque en 2016 avec sa version du Livre de la jungle filmée en prise de vue réelle (et avec de l’imagerie par ordinateur). Pas étonnant que Disney lui ait confié la même mission avec un autre grand classique d’animation: Le roi lion (1994). On connaît la chanson: la naissance du prince Simba prive son oncle Scar de ses prétentions au trône. Qui tente de se débarrasser de son frère et de l’encombrant lionceau (on s’est librement inspiré d’Hamlet). Les premières images du Roi lion sont spectaculaires et en tout point conformes au film d’animation. Espérons que Favreau prendra certaines libertés… Sortie prévue: 19 juillet 2019. Hakuna matata!

Gros plan

Ça y est, la saison des récompenses est officiellement ouverte. C’est les Gotham Awards, célébrant le cinéma indépendant, qui ont ouvert le bal en couronnant, surprise, le superbe The Rider de Chloé Zhao. Il a prévalu, entre autres, sur La favorite (Yorgos Lanthimos) et sur Si Beale Street pouvait parler (Barry Jenkins), qui prendront l’affiche sous peu au Québec. Sur le chemin de la rédemption de Paul Schrader a aussi été devancé, mais il ne repart pas les mains vides avec les prix du meilleur scénario (Schrader) et acteur (Ethan Hawke). Un prix exceptionnel d’interprétation a aussi été accordé aux actrices de La favorite: Olivia Colman, Emma Stone et Rachel Weisz. Très hâte de voir ça.

En tournage

En entrevue, l’acteur Olivier Gourmet m’a confié avoir longuement réfléchi avant d’accepter de tourner dans le nouveau Polanski. Tout comme, on imagine, Louis Garrel et Mathieu Amalric. Le sulfureux réalisateur palmé d’or en 2002 pour Le pianiste a amorcé lundi à Paris le tournage de J’accuse, sur l’affaire Dreyfus (Garrel). C’est toutefois Jean Dujardin (L’artiste) qui joue le rôle principal du long métrage dont la sortie est prévue le 4 décembre 2019. Il s’agira d’un suspense «sur fond d’espionnage, racontant l’affaire du point de vue du Colonel Picquart [Dujardin], véritable héros oublié de l’affaire Dreyfus». Le titre fait référence à un célèbre pamphlet d’Émile Zola publié en 1898, au moment des faits.

Fondu au noir

On a toujours tendance à tomber dans la grandiloquence quand un grand cinéaste s’éteint. Mais Bernado Bertolucci, décédé lundi à Rome à 77 ans, mérite son titre de monstre sacré du cinéma italien. Il aura commis une ignoble erreur pendant le tournage du Dernier tango à Paris (1972), mais il serait tout à fait déplorable de réduire sa carrière à ça. De sa coscénarisation d’Il était une fois dans l’Ouest de Leone (1968) jusqu’à ses réalisations grandioses (1900, Le dernier empereur…), Bertolucci s’est beaucoup attelé à traquer le sens de l’histoire avec un raffinement esthétique rarement égalé et une ambiguïté inhérente à sa complexité et à la nôtre. Au moins, il nous reste les films.