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Jim (Liam Neeson) va prendre Mauricio (Juan Pablo Raba) sous son aile pour le protéger des cartels.
Jim (Liam Neeson) va prendre Mauricio (Juan Pablo Raba) sous son aile pour le protéger des cartels.

Le protecteur : La routine ** 1/2

Éric Moreault
Éric Moreault
Le Soleil
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CRITIQUE / Avoir le sens de la formule est habituellement utilisé comme un compliment. Mais dans le cas du Protecteur (The Marksman), l’expression serait plutôt péjorative tellement le long métrage coche toutes les cases du suspense d’action (et du western) avec un héros sur le déclin à la Clint Eastwood. Sauf qu’on a confié le premier rôle à Liam Neeson.

L’acteur irlandais, qui a joué dans plus d’une centaine de longs métrages, dont La liste Schindler, disait lui-même, il y a quelques années, ne pas comprendre l’engouement qui entourait sa présence dans la série de films d’action Taken.

Cette fois, on y va un peu plus mollo sur la sauce, mais la recette reste la même.

Neeson se glisse dans la peau de Jim, un ex-marine veuf depuis peu qui tire le diable par la queue — la vache, en fait — dans son ranch à la frontière entre l’Arizona et le Mexique.

Un jour, il assiste à la tentative de traversée de Rosa (Teresa Ruiz) et de son fils Mauricio (Juan Pablo Raba). La mère est mortellement touchée par des tirs d’hommes de main d’un cartel et le vaillant fermier prend le gamin sous son aile.

Le protecteur se transforme en road-movie alors que le duo mal assorti se dirige vers Chicago avec à leurs trousses un quatuor patibulaire mené par un psychopathe de première. L’affaire revêtira une tournure plus personnelle lorsque ce dernier descend froidement Jackson, l’attachant chien de Jim.

La route s’avère — évidemment — parsemée d’épreuves dont la paire de plus en plus soudée se tire toujours d’embuche. À ce propos, le naturel du Juan Pablo Raba aide à la plausibilité de la relation entre les deux.

Jim se rendra à destination peu importe le coût et même sa fille unique policière (la Canadienne Katheryn Winnick, la Lagerta de Vikings) ne l’en empêchera…

Katheryn Winnick dans <em>Le protecteur.</em>

La réalisation de routine de Robert Lorenz ne nuit pas au scénario banal, mais ne le tire pas vers le haut non plus.

On se demande d’ailleurs ce que Villeneuve aurait pu faire d’un tel film, lui qui poussait le signifiant plusieurs coches au-dessus dans Sicario. Ou Eastwood, dans une moindre mesure, comme dans La mule.

La production a manqué une belle occasion d’aborder la question de l’immigration illégale, de ses causes, et du trafic de personne à la frontière. Le «gouvernement qui devrait prendre les choses en main» désabusé de Jim sonne particulièrement creux.

Mais, bon, on ne change pas une recette éprouvée, semble-t-il.

Le protecteur est présenté au cinéma.

Au générique

Cote : ** 1/2

Titre : Le protecteur

Genre : Suspense

Réalisatrice : Robert Lorenz

Acteurs : Liam Neeson, Katheryn Winnick, Juan Pablo Raba

Durée : 1h48