Ailleurs raconte la fugue de deux garçons, qui se cachent dans la vieille ville, poursuivis par des policiers.

Le premier Samuel Matteau en primeur au Festival de cinéma de Québec

Ailleurs, le premier long-métrage de Samuel Matteau, prendra son envol au Festival de cinéma de la ville de Québec le 16 septembre. Un point de chute logique pour le film qui a été tourné, monté et produit entièrement dans la capitale, qui sert de décor à ce conte urbain avec une touche à la Dickens.
«C'est un privilège, parce que c'est un très beau festival, et ça suit une certaine cohérence avec la production du film», note Samuel Matteau, soulignant qu'Ailleurs sortira dans les cinémas en décembre. «J'ai envie de dire aux gens de me faire confiance, que je les amène dans un film d'auteur, mais qu'ils ne seront pas perdus, froissés ou frustrés et que je vais les redéposer après.» Le souhait de réconcilier, en quelque sorte, les deux solitudes de la cinématographie québécoise; les films de festival et les films grand public. 
Comme le nouveau film de Luc Picard, Les rois mongols, qui sera présenté en ouverture du festival le 13 septembre, Ailleurs présente le point de vue de personnages adolescents. «Ce sont deux films qui ont la sensibilité de l'enfance, qui présentent une vision du monde très sensible et fragile, et en même temps exacerbée», constate Samuel Matteau.
Si Ailleurs ne vous dit rien, c'est que depuis deux ans l'équipe a utilisé le titre de travail Squat, tant lors de la recherche de subventions que lors du tournage à la fin de l'automne 2015. Plus poétique et donc plus près de l'atmosphère du film, Ailleurs illustre bien le besoin des personnages principaux de fuir, tant leur quotidien que les émotions qui se bousculent en eux. Le scénario de Guillaume Fournier est une adaptation libre du roman Haine-moi de Paul Rousseau, paru il y a 20 ans tout juste. 
«Je voulais faire un film sur une amitié hors de l'ordinaire. À première vue, ce sont deux garçons très différents, presque à l'opposé, Samu, plus sombre et impulsif, et TV, l'ami silencieux, sensible. Les deux se complètent, c'est ce qui est beau. À travers le récit, les rôles vont évoluer et se transformer, mais toujours en complémentarité», explique le réalisateur.
Le fils de Marie Chouinard
Il a confié les deux rôles principaux à Théodore Pellerin et à Noah Parker, après les avoir vus en audition. Le premier, qui joue Samu, est le fils de la danseuse et chorégraphe Marie Chouinard. «Quand j'ai vu ce garçon-là jouer, il volait la vedette, il était extrêmement bon, raconte Matteau. Il y a une espèce de maturité dans sa présence physique, une sensibilité singulière. Il ne joue pas les choses, il les incarne.»
Dans le film, les deux garçons qui fréquentent le Séminaire des Pères-Maristes, ont le désir d'aller voir ailleurs, de l'autre côté du pont, et fuguent dans des conditions dramatiques. Ils se cachent dans la vieille ville, poursuivis par les policiers, et sont accueillis par une famille d'orphelins, nichée dans une grotte, à même le cap Diamant. Celle-là même qui se trouve sous les échangeurs de l'autoroute qui surplombe le quartier Saint-Roch. Sur leur chemin, ils croiseront un personnage terrifiant, joué par Emmanuel Schwartz, et un vieil homme bienveillant, incarné par Claude Robinson. «Sans dire que c'est un conte, on est dans une esthétique particulière, une sensibilité poétique, avec des orphelins, des vieilles pierres. Mais il n'y a rien de fantastique», décrit le réalisateur. La réalité a rejoint la fiction, puisque l'équipe de tournage a intégré des jeunes de la rue parrainés par des organismes de Québec, comme Alexandrine (alias Bob) qui a agi comme photographe de plateau. 
Juste avant l'hiver
Le tournage, juste avant les premières neiges, quand l'humidité transit jusqu'à l'os, s'est déroulé principalement de nuit. «On voulait cette idée de l'hiver qui s'en vient, des choses sérieuses qui commencent, et sentir la buée qui s'échappe des bouches, dans les scènes extérieures», indique-t-il. Pendant le montage, beaucoup plus confortable dans les locaux accueillants du Studio Élement, Matteau a pu ajouter des effets de brouillard et de brume. «J'ai eu la chance d'avoir une productrice compréhensive  [Valérie Bissonnette] qui m'a laissé du temps. Le montage, c'est une troisième écriture [après le scénario et la réalisation] qui a besoin d'un certain recul», souligne celui qui a le sentiment du devoir accompli.
La première du film Ailleurs de Samuel Matteau aura lieu le samedi 16 septembre à 19h au Palais Montcalm, dans le cadre du Festival de cinéma de la ville de Québec.
L'équipe d'Ailleurs
Scénariste: Guillaume Fournier
Réalisateur: Samuel Matteau 
Directeur photo: François Gamache 
Montage: René Caron
Musique: Mathieu Robineau
Post-production: Studio Élément
Post-production sonore: Studio Expression
Production: Groupe Vélocité 
Distributeur: K-Films