Sacha Pinault se débrouille très bien en petit Spirou, mais le récit du film manque de tonus.

Le petit Spirou: ascenseur pour nulle part **1/2

CRITIQUE / L’adaptation est un exercice périlleux. Peut-être encore plus avec un personnage célèbre qui a fait l’objet de 18 albums depuis 1990. Le petit Spirou s’attarde à l’enfance du rouquin qui, une fois grand, est devenu un explorateur célèbre avec son copain Fantasio (principalement sous la plume de Franquin). En voulant conserver l’esprit bédéesque tout en s’affranchissant du cadre des gags à chaque planche, Nicolas Bary offre un univers décalé et fantaisiste dans lequel le récit manque de tonus.

Bary et son coscénariste, Laurent Turner, ont imaginé une histoire, très librement inspirée des albums de Philippe Tome et Janry, basée sur le refus de Spirou (Sacha Pinault) de devenir groom dans un hôtel. D’autant qu’il devrait quitter sa bande d’amis et Suzette (Lila Poulet-Berenfeld), à qui il n’a pas encore avoué son béguin.

Le récit devient un prétexte pour explorer les notions de tradition familiale et de transmission. Spirou n’a guère le choix, même s’il trouve une oreille bienveillante auprès de son papy complice, interprété avec bonhomie par Pierre Richard.

C’est d’ailleurs dans son personnage et ceux du personnel de l’école que réside le principal plaisir de cette comédie parfois trop franco-française. François Damiens, dans la peau de Désiré Mégot, l’orgueilleux prof de sport, et Philippe Katerine, l’abbé Langélusse qui rêve de Maiden et d’AC/DC en jouant à l’orgue, sont franchement hilarants. Par contre, l’institutrice (Gwendolyn Gourvenec) est confinée à un rôle stéréotypé dont la seule dimension est de se pencher pour qu’on puisse filmer son décolleté en gros plan… Rétrograde.

Parlant de passé révolu, la production a opté pour une esthétique qui conserve l’essence de la BD, un amalgame de rétro et de moderne, dans le look et les accessoires. Une bonne idée qui n’est pas suffisamment aboutie, malheureusement. Comme la thématique.

Nicolas Bary opte pour une réalisation qui alterne entre les gros plans un peu caricaturaux et une caméra très mobile pour recréer l’agitation de l’enfance, mais aussi le regard porté par les jeunes sur le monde. C’est assez juste. Leurs aventures, pas très trépidantes, sont à leur échelle, comme ce tour du monde inventif que réalisent Spirou et Suzette à la fin…

Dommage que Spirou soit un héros si lisse et bon enfant, malgré son éloquence et son charme (le jeune Pinault, dont c’est la première expérience, se débrouille très bien).

Tout ça explique sûrement que Le petit Spirou, même avec cette imposante distribution, n’a pas fait courir les foules en France. Il y a tout de même de bons flashs. Comme cet ascenseur antique pour nulle part installé dans le grenier du grand-père, qui sert à l’entraînement du futur groom.

Mais c’est à l’image du film, finalement. Un exercice qui tourne à vide.

AU GÉNÉRIQUE

Cote: **1/2

Titre: Le petit Spirou

Genre: comédie

Réalisateur: Nicolas Bary

Acteurs: Sacha Pinault, Pierre Richard, François Damiens, Philippe Katerine

Classement: général

Durée: 1h26

On aime: les personnages déjantés

On n’aime pas: l’aspect très franco-français. Certains plans rétrogrades. Le manque d’action