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Diane (Lise Roy) et Jean (Normand Daneau) entretiennent une relation difficile, hantée par le passé.
Diane (Lise Roy) et Jean (Normand Daneau) entretiennent une relation difficile, hantée par le passé.

Le miroir : Vie de malheur ** 1/2 [VIDÉO]

Éric Moreault
Éric Moreault
Le Soleil
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CRITIQUE / Marc-Joly Corcoran a beaucoup investi de lui dans Le miroir, qu’il a réalisé, scénarisé et monté. Ajouté à ça que son drame est «semi-autobiographique», on aborde ce premier long métrage avec bienveillance. Le résultat vaut pour ses audaces formelles, mais n’apporte rien de neuf ni de particulièrement émouvant dans les thèmes très fréquemment traités au cinéma québécois de l’inceste et des abus sexuels.

Ledit miroir joue un rôle essentiel dans le film : il s’agit du souvenir familial que lègue Diane (Lise Roy) à Jean (Normand Daneau). Son fils unique le découvre alors qu’il atterrit en Belgique après sa mort violente.

L’accessoire agit comme un objectif de caméra (semblable à l’image d’un cellulaire tenu à la verticale) par lequel le spectateur assiste à plusieurs moments clés du récit. On se doute bien qu’il a également une valeur plus que symbolique…

Jean doit toutefois composer avec le très jeune mari de la défunte. Fabrice (Bruno Piccolo) est perturbé et sous l’emprise de sa mère (Jacqueline Van de Geer), femme acariâtre et contrôlante.

Le soutien chaleureux, et un brin intéressé, de la meilleure amie de Diane (Tatiana Zinga Botao) va l’aider à surmonter les affres de son deuil.

Le réalisateur a astucieusement représenté Diane enfant — n’en disons pas plus. Son travail sur la temporalité de l’image et du son vaut la peine d’être souligné. Il traduit l’état d’esprit de Jean, tout en assurant de belles transitions dans ses aller-retour entre le passé et le présent.

On aura vite compris que les traumatismes subis par Diane dans son enfance ont généré une vie misérable, liée à une santé mentale fragile, qu’elle transmet ensuite à son fils — le malheur engendre le malheur. Ce dernier vit avec des souvenirs refoulés qui le perturbe.

Le miroir vaut aussi, d’ailleurs, pour la solide performance de Normand Daneau (Junior majeur, Grande Ourse : le film). L’acteur traduit sans faillir les tourments de son personnage.

<em>Le miroir</em> vaut pour la solide performance de Normand Daneau dans le rôle-titre.

Par contre, certaines situations peu plausibles ou inutiles, les démêlées de Jean avec un huissier, par exemple, empêtrent un film qui manque déjà de tension dramatique.

Marc-Joly Corcoran a tourné Le miroir avec trois fois rien, manifestement avec l’appui d’acteurs et d’une équipe technique dédiés. Il faut saluer leur courage dans cette entreprise de création. Et espérer que pour le prochain long métrage, le cinéaste aura les moyens de ses ambitions.

Le miroir est présenté au cinéma

Au générique

Cote : ** 1/2

Titre : Le miroir

Genre : Drame

Réalisateur : Marc-Joly Corcoran

Acteurs : Normand Daneau, Lise Roy, Tatiana Zinga Botao

Durée : 1h25