Pour le réalisateur Antoine Fuqua, un grande partie de l’attrait de la saga du «Justicier» repose sur l’archétype de «l’ange noir» qui rend justice à ceux et celles auxquels le monde nie généralement tout privilège.

Le justicier 2: l’archétype de «l’ange noir»

LOS ANGELES — Comme Batman sans la grosse cylindrée ou Dead­pool sans le sarcasme, Robert McCal est un justicier qui vient en aide à ceux qui sont en détresse. Il ne porte pas de masque ou de combinaison en latex, mais se cache derrière l’apparence trompeuse d’un chauffeur discret.

Le personnage, un ancien agent des services spéciaux devenu milicien, a été rendu célèbre par l’acteur britannique Edward Woodward, qui l’a joué à la télévision dans les années 1980.

Denzel Washington s’est glissé dans sa peau lors d’une première adaptation sur grand écran, sortie en 2014, déjà réalisée par Antoine Fuqua. Pour la quatrième collaboration entre les deux hommes, l’acteur américain reprend le rôle dans Le justicier 2.

Malgré leur filmographie combinée de quelque 60 titres, c’est la première fois pour la vedette deux fois oscarisée comme pour le réalisateur de 52 ans qu’ils tournent une suite.

«Quand j’ai fait le premier, je ne pensais pas à un deuxième», a expliqué Antoine Fuqua. «J’ai tout donné sur le premier [...] Quand il a été question du second, j’ai dit “laissez-moi lire le scénario”. Si on ne sait rien du numéro un [...] est-ce que ça se tient? Et ça se tenait.»

Dans ce deuxième chapitre, Robert McCall — un homme en apparence ordinaire mais aux techniques de combat surhumaines — est en deuil, lit Marcel Proust et travaille comme chauffeur de voiture le jour. La nuit, il règle leur compte aux malfrats.

Son passé le rattrape et il se retrouve à jouer dangereusement au chat et à la souris avec un adversaire qu’il n’attendait pas.

Pour Antoine Fuqua, un grande partie de l’attrait de cette saga repose sur l’archétype de «l’ange noir» qui rend justice à ceux et celles auxquels le monde nie généralement tout privilège.

«La morale dit qu’on doit payer pour ce qu’on fait dans la vie et que c’est ce qui nous sépare des animaux», remarque le cinéaste de 52 ans.

«Les gens qui se sont fourvoyés pensent que ce qu’ils font, c’est juste de sales trucs que les gens se font les uns aux autres et que ça n’a pas vraiment d’importance ou de conséquences», mais «quand on perd son sens moral, on a perdu son humanité», estime-t-il.

À la rescousse

Parmi les rôles secondaires, Bill Pullman, Melissa Leo et Ashton Sanders donnent la réplique à Denzel Washington. Sanders, une étoile montante de 22 ans, s’est fait remarquer dans le rôle de Chiron adolescent dans Moonlight, Oscar du meilleur film en 2017.

Dans Le justicier 2, Sanders joue Miles, un jeune homme qui vit dans l’immeuble de McCall à Boston. Sans modèle masculin positif, Miles exhibe un comportement auto-destructeur, jusqu’à ce que McCall intervienne.

Sur le plateau, Denzel Washington, avec ses 40 années d’expérience supplémentaires, est aussi venu à la rescousse de Sanders lorsqu’il doutait de lui-même.

Le jeune acteur était très nerveux et la star de 63 ans, oscarisée pour Glory et Jour de formation — sous la direction de Fuqua — l’a rassuré en lui rappelant qu’il avait été choisi sur audition et avait déjà prouvé qu’il méritait le rôle.

Avec un large sourire, Sanders se rappelle à quel point sa confiance en lui en a été renforcée : «C’est quelque chose que je garde encore en moi à ce jour».