Le grand méchant renard et autres contes est un plaisir ludique qui réchauffe le cœur et donne mal aux joues.

Le grand méchant renard...: basse-cour en folie ***1/2

CRITIQUE / Le grand méchant renard et autres contes est un petit bijou d’animation comique. Sous la plume de Benjamin Renner et de Patrick Imbert, les animaux de la basse-cour adoptent des comportements sans queue ni tête. Du moins, en apparence. Pour le plus grand plaisir des petits et grands qui seront charmés par cet univers ludique plein d’humour et d’amour.

Renner, qui nous avait offert le magnifique Ernest et Célestine (2012), poursuit dans la même veine en adaptant sa BD éponyme. Patrick Imbert se charge des deux autres contes, l’un qui précède et l’autre qui suit le morceau central, et sont dans la même lignée. Le long métrage emprunte au théâtre et aux variétés pour les transitions, avec une scène et un rideau devant lequel le renard vient introduire les segments.

Il faut savourer l’ironie du titre. Le renard est tellement peureux et chétif que les poules s’en moquent (on remarque le renversement des stéréotypes masculin-féminin). Conseillé par le loup, il va tout de même réussir à voler des œufs dans le poulailler. Qu’il va couver dans l’espoir d’avoir de beaux poulets dodus à croquer. Sauf qu’il va s’attacher aux poussins et ceux-ci vont se prendre pour des renards. Au grand dam du loup…

On ne vous raconte pas le reste si ce n’est que Le grand méchant renard parle aussi de garde partagée, de famille et des trucs d’autodéfense qu’apprennent les poules pour repousser les prédateurs… Il faut parfois des animaux pour illustrer la nature humaine.

Un lapin et un canard, de véritables dangers publics dans la grande tradition des maladroits qui provoquent catastrophe sur catastrophe, sont les «héros» d’Un bébé à livrer et d’Il faut sauver Noël. Heureusement qu’il y a le cochon…

Dans ce décor champêtre magnifié par les aquarelles délicates et colorées, Le grand méchant renard et autres contes rappelle, à première vue, par leur aspect politiquement incorrect et absurde, le meilleur des Looney Tunes : Bugs Bunny, Bip Bip et Coyote, Speedy Gonzales, Pépé le putois… Un plaisir ludique qui réchauffe le cœur et donne mal aux joues.

Mais Renner et Imbert abordent également de grands thèmes sans jamais se faire moralisateurs. Mon fils, ma fille et ma filleule ont adoré. Moi aussi.

Le grand méchant renard et autres contes est nommé pour le meilleur film d’animation aux Césars 2018, dont les prix sont remis le 2 mars.

AU GÉNÉRIQUE

Cote: ***1/2

Titre: Le grand méchant renard et autres contes

Genre: animation

Réalisateurs: Benjamin Renner et Patrick Imbert

Classement: général

Durée: 1h20

On aime: l’humour absurde. La beauté du trait. Les fables sur la nature humaine

On n’aime pas: c’est trop court