Ce cinquième volet adapté de l’œuvre de Michael Crichton souffre de la faiblesse de son scénario abracadabrant et totalement prévisible.

Le film de la semaine: «Monde jurassique: le royaume déchu» **

CRITIQUE / «Monde jurassique», qui a pris l’affiche en juin 2015, se terminait avec les dinosaures qui avaient repris possession de l’île Nublar. «Le royaume déchu» se déroule trois ans plus tard alors que les créatures sont menacées d’extinction par une éruption volcanique. Le spectateur, lui, risque plutôt de mourir d’ennui devant un tel ramassis de clichés de film de série B.

Le royaume déchu est un film prétentieux et manichéen, avec une musique pompier qui surligne chacune des péripéties des personnages. Qui, évidemment, prennent toujours de mauvaises décisions pour que le récit puisse se sortir des ornières après s’être enlisé. Passe encore que ce soit peu crédible, mais le scénario est plein de trous...

Ce nouvel épisode renoue avec Claire Dearing (Brice Dallas Howard), qui préside maintenant une association pour la protection des dinosaures. Un mécène lui propose de sauver 11 espèces qui se trouvent sur l’île pour les transférer dans un sanctuaire. Elle sollicite l’aide d’Owen Grady (Chris Pratt), l’ex-dresseur de vélociraptors. 

Une fois sur place, le duo va découvrir qu’ils se sont fait berner et que les mercenaires qui les accompagnent n’ont aucunement l’âme de protecteurs d’animaux... Ils sont évidemment à la solde du méchant de service qui, lui, n’a aucun problème moral ni éthique avec les manipulations génétiques. Celui-ci cherche à créer un nouveau dino à utiliser comme arme militaire.

On s’attend un peu à ce que Le royaume déchu soit faible en thèmes, mais à ce point? D’autant qu’il recreuse les mêmes que le précédent, essentiellement que la mégalomanie et la cupidité mènent la race humaine à sa perte. On s’en doute, avec les dinosaures au sud de la frontière...

Le dernier acte consiste presque entièrement en une partie de cache-cache entre le superprédateur et les protagonistes, dans la plus pure veine des films d’horreur. J.A. Bayona utilise d’ailleurs toute la panoplie des trucs du film d’épouvante: suggérer plutôt que montrer, créer de la tension avec le son et des ombres, puis des effets de surprise, accompagnés de plans de réaction — cris ou larmes, parfois les deux. Souvent des cris, en fait. Bryce Dallas Howard passe le premier tiers, sur l’île, à s’époumoner. Dans le dernier tiers, c’est plutôt la jeune fille qui les accompagne.

Le réalisateur espagnol s’est surtout fait remarquer pour sa réalisation très mélodramatique de L’impossible (2012), sur le tsunami catastrophique du 26 décembre 2004 en Asie. Bayona aime beurrer épais. Ce qui convient parfaitement au genre. En fait, sa mise en scène est assez dynamique, malgré quelques baisses de tension.

Mais comme Monde jurassique en 2015, ce cinquième volet adapté de l’œuvre de Michael Crichton souffre de la faiblesse de son scénario abracadabrant. Et totalement prévisible. Il y a trois ans, le réalisateur Colin Trevorrow avait coécrit. Cette fois encore, avec Derek Connolly. La paire a puisé dans les épisodes précédents, surtout Le monde perdu (1997). Pour l’originalité, on repassera.

C’est, encore et toujours, la même recette. Il y en a à qui ça convient parfaitement, comme le prouve le box-office. «Les gens s’en foutent, ils viennent pour avoir du fun», disait ma fille de 13 ans à la sortie. Qui s’est beaucoup amusée, d’ailleurs. 

D’autres, comme moi, espèrent quand même qu’il s’agit d’une franchise en voie d’extinction. Mais avec la fin, très décevante, qui annonce clairement un autre volet, nul doute qu’Universal et Amblin, la compagnie de Steven Spielberg, ont d’autres idées en tête.

AU GÉNÉRIQUE

• Cote: **

• Titre: Monde jurassique: le royaume déchu

• Genre: science-fiction

• Réalisateur: J.A. Bayona

• Acteurs: Chris Pratt, Bryce Dallas Howard, Rafe Spall

• Classement: général

• Durée: 2h08

• On aime:

• On n’aime pas: le scénario abracadabrant. La musique pompier. La recette