«Une colonie», de Geneviève Dulude-De Celles, a remporté le Grand Prix du Festival de cinéma de la ville de Québec, une première pour un long métrage québécois. Le film a aussi reçu le Prix du public, long métrage canadien.

Le Festival de cinéma de Québec à l’épreuve de la température

Temps chaud, «déluge», temps froid, le Festival du cinéma de la ville de Québec (FCVQ) a résisté à toutes les déclinaisons de température. Les chiffres ne sont pas encore tous connus, mais la huitième édition aura attiré «sensiblement» le même nombre de spectateurs que l’an passé, selon Ian Gailer. Le directeur général pouvait se réjouir, mais il se garde bien de crier victoire.

Le festival est bien établi — on s’attelle déjà à la neuvième édition —, même si rien n’est gagné d’avance. «[Hors de Montréal], il faut être extraordinaire pour attirer l’attention», dit-il en déplorant le peu d’échos qu’obtient le FCVQ en dehors de la capitale: rien dans La Presse, très peu sur les réseaux de télé nationaux. «Je trouve ça dommage.»

Ian Gailer estime que le FCVQ, avec sa programmation variée et ses nombreuses activités originales, a dépassé le stade de «curiosité». «On est bien positionné», croit-il, reconnaissant tout de même que le FCVQ «grandit plus vite que la norme». Le DG est prêt à prendre une part du blâme. «On doit faire un meilleur travail» de visibilité.

Place aux femmes

Le FCVQ n’a pas le choix s’il veut convaincre les distributeurs de confier leurs films. Il sera certainement aidé, cette fois, par le Grand Prix de la compétition remporté, pour la première fois de son existence par un long métrage québécois: «Une belle surprise.»

D’autant qu’Une colonie, de Geneviève Dulude-De Celles, a aussi obtenu le Prix du public, long métrage canadien. Et que Pauline Julien, intime et politique de Pascale Ferland a gagné le Prix du public long métrage.

Fait marquant: ce sont surtout des réalisatrices qui se sont illustrées au palmarès, un signe «qu’il se passe quelque chose». Et si celles-ci étaient plus nombreuses dans l’ensemble de la programmation cette année — proche de la parité —, «ce n’est pas parce qu’on a fait exprès». La qualité était tout simplement là. D’ailleurs, l’équipe ne s’en est rendu compte qu’après coup.

Un signe des temps.