Tourné en 24 jours, Le dernier jour de ma vie suit Samantha, une étudiante populaire qui se retrouve prisonnière d'un bégaiement du temps et revit sans cesse le jour de sa mort.

Le dernier jour de ma vie rajeunit la répétition temporelle

Depuis la sortie il y a un quart de siècle du désormais classique Le jour de la marmotte, les cinéastes ont régulièrement utilisé la répétition temporelle comme instrument narratif.
Les personnages revivent le même jour encore et encore et doivent comprendre une vérité universelle pour briser ce cycle.
Dans Le jour de la marmotte (1993), l'arrogant et égoïste présentateur météo joué par Bill Murray voit se répéter les mêmes événements jusqu'à ce qu'il décide de devenir un homme meilleur.
La comédie d'Harold Ramis n'a eu qu'un succès d'estime lors de sa sortie, mais, au fil des ans, elle est devenue un film culte avec de nombreux imitateurs aux succès divers, notamment le flop de science-fiction Projet Almanac (2015).
Dans le long-métrage Le dernier jour de ma vie, la cinéaste indépendante Ry Russo-Young remplace le duo amoureux de Bill Murray et Andie MacDowell par une bande de «milléniaux», pour séduire le lucratif segment de marché des jeunes adultes.
Tourné en 24 jours, Le dernier jour de ma vie suit Samantha Kingston (Zoey Deutch), une étudiante populaire dans son établissement scolaire qui s'apprête à perdre sa virginité avec un garçon cool de sa bande. Mais elle se retrouve prisonnière d'un bégaiement du temps, revivant sans cesse le jour de sa mort dans un accident de voiture.
Cosmos existentiel
La jeune fille passe de la confusion au chagrin, à la terreur puis à l'acceptation en essayant de comprendre ce que le cosmos a prévu pour elle.
«La difficulté avec une construction narrative comprenant des répétitions est que chaque jour doit malgré tout sembler nouveau et ne pas donner l'impression de regarder en permanence la même scène», a souligné Mme Russo-Young à un groupe de journalistes à Los Angeles.
«Et la bonne nouvelle est que ce n'est jamais la même scène, parce que Sam se trouve dans un état psychologique et émotionnel différent», a-t-elle ajouté.
Pour se préparer à cette adaptation d'un livre de Lauren Oliver, la réalisatrice avait visionné d'autres films ayant le même artifice temporel comme Primer (2004) et Un jour sans lendemain (2014).
Son film mêle des étoiles montantes d'Hollywood comme Zoey Deutch (Vampire Académie, Sale grand-père) ou Halston Sage (La face cachée de Margo, Manuel de survie à l'apocalypse zombie), et une actrice confirmée comme Jennifer Beals, 34 ans après Flashdance.
Comme tous les films à répétition temporelle, le quatrième film de Ry Russo-Young - et troisième à avoir été présenté au festival de Sundance - est une parabole sur la rédemption, une réflexion sur la pression sexuelle chez les jeunes, le stress lié aux réseaux sociaux et la fragilité des amitiés adolescentes.
Zoey Deutch, qui dit avoir été harcelée par d'autres élèves lorsqu'elle était au collège, s'est immédiatement identifiée à son personnage.
«Au début, c'est une suiveuse puis elle devient celle qui dirige vraiment sa vie.»