Harrison Ford interprète le rôle principal dans <em>L'appel de la forêt</em>

L'appel de la forêt: Super Buck ** 1/2

CRITIQUE / Les créateurs de L’appel de la forêt (Call of the Wild) ont trop pris au pied de la lettre le concept de «moderniser» le classique roman d’aventures de Jack London, publié en 1903. Ce n’est pas parce qu’on peut tout obtenir avec les images générées par ordinateur (CGI), notamment animer un chien du museau à la queue, que c’est une idée que vaut de l’or. Même avec des prises de vues réelles, le tout s’avère beaucoup trop artificiel pour y croire. 

Parlant du métal précieux, l’action se situe à la fin du XIXe siècle alors que des centaines d’hommes se précipitent au Yukon. Plusieurs d’entre eux ont besoin de chiens de traîneau pour pouvoir tirer le matériel nécessaire à la prospection.

Et où il y a une demande, il y a des escrocs pour en profiter. L’un d’eux kidnappe Buck, mélange de saint-bernard et de colley, qui coule des jours heureux en Californie. Du jour au lendemain, l’imposant chien malhabile et estomac sur pattes se retrouve en Alaska. 

Acheté par le Québécois Perreault (Omar Sy), qui livre le courrier jusqu’à Dawson, Buck va vite démonter ses pouvoirs de super-chien, notamment en sauvant Françoise (Karen Gillan), la copine du facteur, d’une mort certaine.

Cette première moitié du récit, ponctuée de courses animées, nous montre un Buck trop heureux de s’épivarder dans cette nature fantasmée (ou le gibier et le poisson abondent à n’en plus finir). Et sert à mettre la table pour son adoption par John Thornton (Harrison Ford), un homme endeuillé qui a fui son foyer pour oublier la mort de son fils.

Le duo va partir en expédition pour atteindre le bout du monde (le bon vieux mythe de la frontière). Sans se douter qu’ils ont à leurs trousses un chercheur d’or déboussolé qui est convaincu que l’homme et l’animal cherchent un butin… 

Sa présence est non seulement caricaturale, mais ses diverses apparitions sont nettement tirées par les cheveux. Comme beaucoup de choses dans ce scénario qui flirte ouvertement avec le conte.

On veut bien y croire, mais on atteint nos limites quand le réalisateur Chris Sanders et ses acolytes redéfinissent le concept d’anthropomorphisme, cette tendance qui consiste à attribuer aux animaux des propriétés humaines. Surtout avec des plans de réaction du chien qui véhiculent des émotions, surlignés par une musique sirupeuse.

Imaginez Buck aller jusqu’à démontrer de l’empathie. Bien sûr, sur l’échelle du cuteness, on se retrouve tout en haut. Mais une fois passé le petit pincement au cœur, même ceux et celles qui aiment s’attendrir vont avoir de la difficulté à y croire…

Le déroulement de l’action serait demeuré plus crédible si Sanders s’était contenté d’épouser le point de vue du canidé en plaçant sa caméra, comme il le fait parfois, à la hauteur des genoux des humains qui entourent Buck.

Bien sûr, L’appel de la forêt se veut un divertissement familial, plutôt bien formaté, avec la morale habituelle à la clé — il faut suivre son instinct pour trouver sa vraie nature.

Mais les artisans à Hollywood devraient apprendre à faire un peu plus confiance à des acteurs en chair (en poils) et en os. Le résultat serait sensiblement meilleur.

Au générique

Cote : ** 1/2

Titre : L’appel de la forêt

Genre : Aventures

Réalisateur : Chris Sanders

Acteurs : Harrison Ford, Omar Sy, Karen Gillan

Classement : Général

Durée : 1h44

On aime : l’action dans la nature. La solide présence de Ford.

On n’aime pas : le chien en CGI. L’aspect artificiel du film. Certains moments trop tirés par les cheveux.