L'interprétation en retenue de Johnny Depp en Grindelwald le rend encore plus terrifiant en incarnation du mal.

La suite des «Animaux fantastiques» manque de magie **1/2

CRITIQUE / Deux ans exactement après «Les animaux fantastiques», un antépisode de la saga Harry Potter, voici donc «Les crimes de Grindelwald». Les amateurs du genre en frissonnent d’anticipation, les autres vont hausser les épaules et feront bien. Confus, manquant du plaisir habituel et beaucoup trop compliqué pour rien, ce deuxième chapitre a de l’ambition, mais peu de résultats.

On se serait attendu à mieux étant donné que l’auteure J.K. Rowling signe le scénario et David Yates, qui a réalisé les quatre derniers Potter et le premier Animaux fantastiques, est derrière la caméra.

Le prologue de cette nouvelle série de récits se situait plus d’un demi-siècle avant Harry Potter à l’école des sorciers, soit New York, en 1926. Les crimes de Grindelwald se déroule un an plus tard, après l’évasion du dit Grindelwald (Johnny Depp) et sa fuite vers Paris. 

Seul Dumbledore (Jude Law) est assez puissant pour l’affronter, mais il refuse de le faire. Il confie la mission à Newt Scamander (Eddie Redmayne) parce qu’il «ne cherche ni le pouvoir ni la popularité, mais plutôt le bien». 

Notre héros réticent va retrouver ses alliés du premier film — les sœurs Goldstein et son ami Jacob — pour l’aider dans son enquête pour traquer le magicien albinos (frère de sang de Dumbledore et plus). Mais aussi pour élucider plusieurs secrets de famille. 

C’est là que le scénario de Rowling s’égare. Non seulement on a de la difficulté à démêler tout ça, mais on dévoile beaucoup trop d’informations sur les personnages — il faut garder une part de mystère si on veut que ce soit magique ! Qui plus est, comme Marvel, le tout devient tellement autoréférentiel que quiconque n’est pas familier avec l’univers Potter va être complètement perdu.

Dumbledore (Jude Law) refuse d’affronter le puissant Grindelwald et confie la tâche à Newt Scamander (Eddie Redmayne).

Par contre, il est assez facile de tracer un parallèle avec la montée en force de Grindelwald avec celle du fascisme — l’action se déroule en 1927, ne l’oublions pas — et le culte de la personnalité qu’il commande. On peut aussi y voir un avertissement à propos de ce qui se déroule actuellement dans plusieurs pays occidentaux, y compris au sud et au pays, où on cherche une solution simple à des problèmes compliqués.

David Yates offre une réalisation dans le ton, pas très originale, mais assez efficace. Même dans des films ordinaires, on reconnaît les grands acteurs. Ici, Redmayne et Depp. Le premier est parfait en lunatique maladroit au cœur pur alors que la retenue du deuxième le rend encore plus terrifiant en incarnation du mal.

Comme bien souvent dans ce genre d’épisode qui se trouve au milieu de la série, on a l’impression qu’il sert à mettre en place les éléments de celui qui suivra. Oubliant presque, du coup, l’intitulé même du film. Les animaux fantastiques se font (malheureusement) plutôt rares.

La franchise Potter transforme les désirs de ses aficionados en montagne d’argent. Mais un peu plus de magie dans le résultat ne ferait pas de tort. 

AU GÉNÉRIQUE

• Cote: **1/2

• Titre: Les animaux fantastiques: les crimes de Grindelwald

• Genre: fantastique

• Réalisateur: David Yates

• Acteurs: Eddie Redmayne, Katherine Waterston, Dan Fogler

• Classement: général

• Durée: 2h14

• On aime: les effets spéciaux. Le jeu de Redmayne et de Depp

• On n’aime pas: le récit qui s’embourbe. Le manque de magie