Le film «1991» de Ricardo Trogi a obtenu les deux principaux Iris, ceux du meilleur film et du meilleur réalisateur pour Ricardo Trogi, ainsi que le prix du public.

La soirée de Trogi et «1991» au Gala Québec Cinéma [PHOTOS]

«1991» n’est pas le long métrage qui a remporté le plus grand nombre de trophées lors du Gala Québec cinéma, dimanche, mais il a obtenu les deux principaux Iris, ceux du meilleur film et réalisateur pour Ricardo Trogi, ainsi que le prix du public. «À tous ceux qui ne me lisent pas» a toutefois causé une des grosses surprises de la soirée avec les prix du scénario et du meilleur premier film, devant «Une colonie».

Riche idée pour le Gala de tracer un parallèle, dans la catégorie du meilleur film, avec des longs métrages du même acabit à ceux qui étaient dans la course. Pour 1991, on avait choisi C.R.A.Z.Y. de Jean-Marc Vallée; pour La Bolduc, Dédé, à travers les brumes, et ainsi de suite.

Avant de présenter l’Iris de la réalisation à Ricardo Trogi, la grande Alanis Obomsawin a mérité une superbe ovation. Logiquement, 1991, troisième film des aventures autobiographiques du cinéaste, a aussi obtenu le prix du public, qui a permis au réalisateur originaire de Québec de déclamer «une ode à la boisson». Un moment qui défrisait.

La Bolduc s’est retrouvé à l’écart des principales catégories, mais il est tout de même reparti avec six récompenses. Debbie Lynch-White a soulevé l’Iris de l’interprétation féminine pour son incarnation de Mary Travers. «Mettez cette catégorie-là au début. Ça fait deux heures que je ne vis plus», a dit celle qui a dédié son prix à son amoureuse. «Merci d’avoir enduré mes turlutes pendant que je dormais. Je t’aime.» 

Debbie Lynch-White a soulevé l’Iris de l’interprétation féminine pour son incarnation de Mary Travers.

Ce qui est bien dommage pour Brigitte Poupart, dont l’incandescente et splendide interprétation dans Les salopes ou le sucre naturel de la peau de Renée Beaulieu aurait dû prévaloir. 

Émilie Bierre n’était pas nommée dans cette catégorie, elle qui a pourtant gagné le prix de la meilleure actrice aux Écrans canadiens pour Une colonie. La jeune actrice a logiquement obtenu l’Iris de la révélation de l’année. En remerciant la réalisatrice Geneviève Dulude-De Celles, elle a soutenu que le rôle lui avait appris que «c’est correct d’être différent, se respecter et avoir confiance en soi».

Émilie Bierre, qui a gagné le prix de la meilleure actrice aux Écrans canadiens pour «Une colonie», a logiquement obtenu l’Iris de la révélation de l’année.

Dans la nouvelle catégorie du meilleur premier film, une bonne idée, Yan Giroux a prévalu devant 17 autres créateurs pour l’exigeant, et parfois éblouissant, À tous ceux qui ne me lisent pas. Outre son prix du scénario, l’œuvre a surtout permis au talent sans borne de Martin Dubreuil de s’exprimer.

L’acteur a triomphé dans la catégorie très relevée de l’interprète de l’année. Enfin! «Quand on joue des personnages qui ont vécu, 50 % du mérite leur revient», a déclaré humblement celui qui se glissait dans la peau du poète Yves Boisvert.

Les deux animatrices de la soirée ont sobrement souligné les décès récents des grands cinéastes Jean Beaudin et Jean-Claude Labrecque. Le premier était «un grand amoureux des acteurs et un combattant qui allait toujours au bout de ses idées», a souligné Édith Cochrane alors que le deuxième a su, tout au long de sa carrière, signer «un portrait percutant et fidèle du Québec. C’est un pan de l’histoire du Québec qui vient de s’envoler», a souligné Guylaine Tremblay, très émue, à propos de celui qui l’avait dirigé au début de sa carrière.

Sandrine Bisson a réalisé un doublé inédit en remportant le trophée de l’actrice de soutien pour son rôle de Claudette Trogi.

À neuf ans d’écart, Sandrine Bisson a réalisé un doublé inédit en remportant le trophée de l’actrice de soutien pour son rôle de Claudette Trogi, la mère de Ricardo, dans 1991, après celui de 1981. «J’ai le goût de rester jusqu’à l’âge de Béatrice Picard», a lancé, survoltée, Sandrine Bisson en remerciant le cinéaste.

Le passage de Robin Aubert pour l’Iris équivalent du côté masculin fut pas mal plus tranquille — il était absent. Geneviève Dulude-De Celles, la réalisatrice d’Une colonie, est venue chercher le prix en déclarant que «ça a été un privilège de travailler avec lui». On aurait aimé qu’elle monte sur scène pour un prix à elle...