Alex (Noémie Schmidt) va débarquer dans son patelin natal et se faire peu à peu à l'idée qu'elle pourrait y être vétérinaire.
Alex (Noémie Schmidt) va débarquer dans son patelin natal et se faire peu à peu à l'idée qu'elle pourrait y être vétérinaire.

La relève : Le miracle de la vie *** [VIDÉO]

Éric Moreault
Éric Moreault
Le Soleil
CRITIQUE / Les films traitant de la difficile survie des agriculteurs ayant touché une corde sensible en France récemment, la prochaine étape était logiquement un long métrage sur les vétérinaires de campagne… La relève remplit toutefois bien son mandat de chronique sociale en milieu rural avec une comédie agréable qui coche toutes les bonnes cases, sans trop de surprises.

Julie Manoukian peut compter sur un énorme avantage pour son premier long métrage : notre empathie pour les animaux. La réalisatrice ne s’en prive pas : chiens, chats, perroquet, vaches et même un renard — une référence au Petit prince et à son fameux «on ne voit bien qu’avec le cœur».

Parce qu’en débarquant dans son patelin natal, au fin fond de nulle part, Alex (Noémie Schmidt) ne voit pas (encore) l’essentiel. Fraîchement reçue épidémiologiste avec les honneurs (avec une spécialisation dans les pandémies, drôle de hasard…), la jeune femme un brin misanthrope a été piégée par son oncle Michel — tout comme son associé Nico (Clovis Cornillac).

Ce dernier ignore que son mentor veut partir à la retraite et sa nièce adorée qu’elle doit le remplacer ! Très réticente, Alex se retrouve contrainte par les circonstances et apprend vite que cette vocation très accaparante est «pas facile, pas prestigieuses et par bien payée». Sans parler de la méfiance des habitants qui complique son intégration...

On se doute bien du déroulement, et de la fin, malgré quelques rebondissements. Le scénario de Julie Manoukian n’évite pas quelques clichés (Alex s’évanouit quand elle voit du sang ; Nico se dévoue au point d’oublier sa famille…). Ce qui fait tout de même partie du charme de ce film tout simple qui donne le sourire.

Les défauts des personnages principaux, même un peu gros, procure une certaine épaisseur (notamment l’attitude cassante d’Alex) et finissent par nous les rendre attachants. On soupçonne que les réticences de la jeune femme à un retour à la maison sont liées à de vieilles blessures mal cicatrisées. Et que Nico, un bourreau du travail au bord de l’épuisement, souffre du syndrome du sauveur.

Carole Franck, Clovis Cornillac et Noémie Schmidt dans <em>La relève</em>.

La relève aurait gagné en subtilité sur cet aspect, mais il aborde tout de même les difficultés de la ruralité avec beaucoup de tact : manque de relève (évidemment), épuisement des ressources, dépeuplement, isolement, etc.

Malgré tout, La relève fait du bien. D’autant qu’il permet au spectateur de s’émerveiller, avec Alex, du miracle de la vie naissante. C’est cuuuuute à mort.

La relève est présenté sur les plateformes des cinémas Le Clap, Beaubien, du Parc et du Musée.

Au générique

Cote : ***

Titre : La relève

Genre : Comédie dramatique

Réalisatrice : Julie Manoukian

Acteurs : Noémie Schmidt, Clovis Cornillac, Carole Franck

Durée : 1h31