Présent dans la capitale à l'occasion d'un congrès catholique, Martin Scorsese s'est présenté en milieu d'après-midi au pavillon Desjardins de l'Université Laval pour témoigner publiquement du tournage de son dernier film Silence.

La passion de Scorsese à Québec

Jamais Québec n'avait accueilli réalisateur américain aussi prestigieux depuis Steven Spielberg en 2002, venu pour le tournage d'une scène de Catch Me If You Can. Martin Scorsese, auteur de Taxi Driver, Raging Bull et Gangs of New York, n'a peut-être pas fait courir les foules comme le premier - débarqué à l'époque il faut dire avec Tom Hanks et Leonardo DiCaprio... - mais sa présence en nos murs, mercredi, n'en a pas moins constitué un événement incontournable pour quelques mordus de cinéma.
Présent dans la capitale à l'occasion du congrès réunissant plus de 600 membres de l'Association catholique mondiale pour la communication (SIGNIS) et de l'Association de presse catholique (CPA), Scorsese s'est présenté en milieu d'après-midi au pavillon Desjardins de l'Université Laval pour témoigner publiquement, sous forme d'un entretien questions-réponses, du tournage de son dernier film, Silence, projeté aux congressistes plus tôt en journée.
Pour le président de SIGNIS, le Cubain Gustavo Andujar, interviewé à l'issue de la rencontre, Scorsese possède ce talent rare de communier à des valeurs évangéliques à travers ses films, même les plus violents et les plus controversés, comme La dernière tentation du Christ.
«Il possède cette faculté de toucher à l'esprit humain, peu importe la façon. Personnellement, je n'ai jamais vu un de ses films sans que ça me transforme. Il a réalisé de véritables chefs-d'oeuvre. Je n'ai pas tellement aimé La dernière tentation du Christ, mais le film est néanmoins marqué de l'empreinte d'un génie.»
Un être passionné
Venu de Montréal spécialement pour saluer son «mentor» et lui parler de «deux, trois petits projets», le cinéaste Mathieu Roy a été l'assistant personnel de Scorsese sur le plateau de The Aviator, tourné à Montréal en 2003.
«Je le connais depuis 14 ans. C'est une légende, quelqu'un que j'adore», explique-t-il. «C'est la personne la plus passionnée par le cinéma que je connaisse. Il s'intéresse à tous les genres et les types de films, peu importe le pays.»
Roy a aussi passé cinq mois avec lui à Taïwan pour le «making of» de Silence. «C'est l'un de ses films les plus personnels. C'est une transposition de son dilemme par rapport à la foi quand il était jeune.»
André Caron, critique au magazine Séquences, tenait lui aussi à voir Scorsese en personne, un réalisateur qui l'a «marqué» à l'adolescence avec Taxi Driver. Il tenait à lui remettre une «grande étude» qu'il a écrite sur ce film et qui, après avoir été mise en ligne sur un site spécialisé, lui vaut 20 ans plus tard des courriels d'un peu partout dans le monde.
«C'est mon réalisateur vivant préféré. Il a plus d'énergie que bien des jeunes réalisateurs, mentionne-t-il. Tous ses films sont d'égale valeur. Même quand on lui passe un film de commande, Cape Fear par exemple, il en fait toujours quelque chose qui porte sa marque.»
Plus tard, en début de soirée, Scorsese a assisté avec sa femme à une messe à la basilique Notre-Dame, dans le Vieux-Québec. Il s'est ensuite déplacé au Terminal de croisières, dans le Vieux-Port, pour un banquet privé organisé en son honneur et au cours duquel le prix SIGNIS lui a été remis.