Sans surprise, la momifiée échappée de son sarcophage transforme tout ce qui bouge en zombies et tente pendant tout le film de fusionner avec son nouvel élu (Tom Cruise, évidemment) pour conquérir le monde.

La momie: le ridicule peut tuer un film **

CRITIQUE / Avec La momie, on a maintenant la preuve que le ridicule peut tuer un film, une franchise et peut-être même un univers, en danger d'être mort-né. Ce drame fantastique avec Tom Cruise se voulait le premier jalon du Dark Universe d'Universal, en vue de ressusciter les monstres mythiques de son catalogue comme Frankenstein, L'homme invisible, Dracula...
Par où commencer? Le scénario qui ne se tient pas debout? L'enfilade de clichés hitchcockiens usés à la corde pour créer une tension inexistante? Les dialogues insignifiants? L'absence de plaisir? Les personnages stéréotypés? La réalisation sans imagination? L'air ahuri de Cruise, qui joue un idiot vaniteux? Le manque de coffre du résultat?
Ce qu'on nous sert est un réchauffé, évidemment, du genre. Nick Morton (Cruise) découvre par hasard la prison de la bouillante Ahmanet (Sofia Boutella). Il est bientôt rejoint par une mystérieuse scientifique blonde (Annabelle Wallis). Leur tentative pour rapporter à Londres le sarcophage de la princesse égyptienne tourne au fiasco. 
La momifiée s'échappe, transforme tout ce qui bouge en zombies et tente pendant tout le film de fusionner avec son nouvel élu - Morton, bien entendu - pour conquérir le monde. Afin de se libérer de sa malédiction et vaincre le Mal, le pilleur de tombeaux doit trouver la rédemption...
La première série des Momie remonte aux années 30. La trilogie la plus connue demeure celle avec Brendan Fraser dans le rôle-titre (1999 à 2008), plutôt amusante et qui ne se prenait pas au sérieux. Tout le contraire de cette version balourde.
Universal a confié le coup d'envoi de son Dark Universe à Alex Kurtzman, qui n'a réalisé qu'un film (Des gens comme nous, 2012). Un gros risque. L'Américain est surtout connu comme producteur et coscénariste, notamment la série-culte d'espionnage Alias (avec Jennifer Garner), la relance des Star Trek et le très potable Un jour sans lendemain (2014) - avec Cruise. 
Le problème, c'est que ce scénario est tellement tiré par les cheveux qu'il n'a laissé qu'un crâne chauve en guise d'histoire. On est en 2017, pas à l'époque de Boris Karloff. On a aussi vu 1000 fois ce qui arrive quand les hommes jouent aux apprentis sorciers. Tout ça devient nettement trop prévisible.
Sans parler de son aspect lourdaud. Franchement, ramener l'archétype du Dr Jekyll (Russell Crowe) pour surligner la lutte du bien et du mal en chaque homme... On avait compris, ça va. Le rôle est caricatural. En fait, tous les personnages sont unidimensionnels.
Bien sûr, on a inséré les deux, trois scènes d'action de rigueur pour plaire aux inconditionnels de Cruise ainsi que les habituels combats corps à corps. Ce qui ne fait pas un film qui se tient le moindrement. J'ai jeté l'éponge bien avant la fin réglementaire...
«Y a plein de monde qui va aimer ça», a lancé ma cadette de 12 ans, ravie, à la sortie de la projection. Peut-être. C'est bien ça, le problème...
Au générique
Cote: **
Titre: La momie
Genre: drame fantastique
Réalisateur: Alex Kurtzman
Acteurs: Tom Cruise, Annabelle Wallis, Russell Crowe et Sofia Boutella
Classement: 13 ans +
Durée: 1h51
On aime: -
On n'aime pas: les clichés, les personnages unidimensionnels, le scénario grossier, etc.