«Angelo, Frédo et Roméo»

La liste: les pires films du cinéma québécois

1. Angelo, Frédo et Roméo (Pierre Plante, 1996) Un beau gros navet bien mûr, mystérieusement disparu du cv de Benoît Brière, Luc Guérin et Martin Drainville. Une suite de tableaux d’une insipidité rare autour des tribulations d’un filou qui pousse un héritier à investir dans le cinéma. À l’époque, le propriétaire du Lido, à Lévis, avait retiré le film de l’affiche après deux jours en raison du nombre élevé de spectateurs réclamant un remboursement après seulement un quart d’heure. On avait assez souffert... Normand Provencher

L'affiche d'«Après-ski»

2. Après-ski (Roger Cardinal, 1971) L’époque des «films de fesses» nous apparaît tellement improbable aujourd’hui. Et pourtant, dans ces années, tout n’était que prétexte à parler de cul au grand écran. La plus formidable —ou navrante!— démonstration de cette édifiante vague s’intitule Après-ski, un navet de 1971 signé Roger Cardinal, avec Daniel Pilon, qui le regrette amèrement, et une série de vedettes, dont Jacques Desrosiers, Pierre Labelle et Raymond Lévesque. René Angélil et Francine Grimaldi apparaissent aussi au générique de ce film condamné pour obscénité par le tribunal, et intitulé au Royaume-Uni Sex in the Snow. Dans Le Petit Journal, Jean-Claude Lord écrit: «Un film dont toute l’intelligence est située en bas de la ceinture, un film sans raffinement, sans subtilité, sans histoire, un film botché, garroché, fait dans le but exclusif de faire de l’argent en prenant le monde pour des cabochons.» Ça dit tout.  Richard Therrien

«Les chats bottés»

3. Les chats bottés (Claude Fournier, 1971) Une tête de lit couverte de faux seins, Louise Turcot qui verse des larmes de crocodile et un Donald Pilon tout sauf naturel, qui lui envoie toute la fumée de son cigare au visage. Ou encore, Janine Sutto, à la coupe afro, sur un trip d’acide, portée par des danseurs à poil. Même la post-synchro de ce film de Claude Fournier est affreuse. Et l’histoire du film de 1971, qui met aussi en vedette Donald Lautrec? Le résumé dit entre autres: «Môman, une ''tapette'' française, est embauchée pour faire le ménage.» Vous voulez vraiment connaître la suite? Fournier, qui venait de réaliser son grand succès Deux femmes en or, réalisera par la suite La pomme, la queue et les pépins, avec le même Lautrec, qui ne veut même plus en entendre parler.  Richard Therrien

«Les dangereux»

4. Les dangereux (Louis Saïa, 2005)  Les critiques ont été assassines (une étoile et demie par notre critique de l’époque, Gilles Carignan) et les chiffres au box-office, désastreux. Une distribution étoilée (Véronique Cloutier, Marc Messier, Guy Nadon, Pierre Lebeau, Stéphane Rousseau), un budget monstre pour l’époque, et un flop monumental: on ne croit pas une seconde à cette comédie caricaturale de kidnapping de star, où des petits truands tirent du gun pour pas grand-chose... Et quelle horreur, cette chanson thème ver d’oreille! Isabelle Houde  

5. Le bonheur de Pierre (Robert Ménard, 2009)  Un professeur français à l’optimisme à tout crin (Pierre Richard) débarque avec sa fille dans un village du Saguenay, au grand malheur de ses habitants. Un festival de gags ratés sur le thème usé de «ma cabane au Canada». Dixit le propriétaire de la cantine du coin: «Un Français, on achève ça à la poutine.» On prend des notes. Normand Provencher