La légende d'Excalibur respecte la base de l'épopée : l'affrontement entre le bien et le mal, le compagnonnage des futurs chevaliers de la Table ronde et la montée en puissance d'Arthur (Charlie Hunnam), qui unifie son peuple.

La légende d'Excalibur: étourdissant ***

CRITIQUE / Le roi Arthur - La légende d'Excalibur (King Arthur - Legend of the Sword) présentait un double intérêt, celui d'une superproduction qui n'est pas hollywoodienne et la relecture contemporaine par Guy Ritchie d'un personnage légendaire, après Sherlock Holmes (2009). Ce n'est pas aussi réussi, le montage survolté donne le tournis, le récit est parfois chaotique, mais la version du réalisateur britannique remplit tout de même sa mission.
On ne s'attaque pas impunément à une histoire médiévale de sorcellerie aussi célèbre - certains vont tiquer. Dans La légende d'Excalibur, Arthur (Charlie Hunnam) est élevé dans le caniveau après avoir, comme Moïse, fui la malédiction sur un bateau de fortune. Il grandit néanmoins en force et en ruse, à l'abri du courroux de Vortigern (Jude Law), qui a assassiné ses parents et volé sa couronne. 
Le mégalomane, qui impose sa tyrannie fascisante grâce à la peur, doit tuer l'héritier avant qu'il puisse retirer l'épée magique Excalibur de son rocher et rétablir son pouvoir. Mais Arthur est récalcitrant, ce qui complique la tâche de la Résistance et de la mystérieuse mage (Àstrid Bergès-Frisbey) qui les guide.
Le parti pris de Ritchie, aussi sacrilège soit-il, en respecte quand même la base : l'affrontement entre le bien et le mal, le compagnonnage des futurs chevaliers de la Table ronde et la montée en puissance d'un juste qui unifie son peuple.
Bien sûr, sa fâcheuse tendance à la surenchère, tant sur le fond que sur la forme, est agaçante. Sa version de l'ascension d'Arthur jusqu'au trône n'oublie aucun élément, de Camelot à la Dame du lac, mais sans se laisser de temps d'amener les éléments. Certains raccourcis scénaristiques laissent d'ailleurs perplexe. 
Plein la vue
Comme d'habitude, Ritchie en met plein la vue avec sa mise en scène à indice d'octane élevé et sa caméra virevoltante. Sans parler du montage frénétique. L'Anglais a tellement peur du répit, alors que son film aurait gagné à respirer, qu'il surmultiplie la vitesse du découpage. Celle-ci atteint son paroxysme dans les scènes de bataille où Arthur manie Excalibur tellement rapidement qu'on ne voit rien de cette masse confuse d'images - comme dans le Assassin's Creed de Justin Kurzel, l'an passé. On a juste le goût de lui dire  : relaxeman, c'est juste un film.
La légende d'Excalibur est violent, c'était couru vu l'époque représentée, mais cette brutalité n'est pas sanguinolente, sauf exception. Un bon point. Tout comme l'humour pince-sans-rire, très british.
Charlie Hunnam (Rives du Pacifique de del Toro) campe un Arthur désinvolte et irrévérencieux face à un Jude Law (Watson dans le Sherlock de Ritchie) sinistre à souhait. Les deux hommes n'ont pas grande matière à se mettre sous la dent - on reste en surface et c'est très manichéen. Ce qui était probablement le but.
Sauf qu'on peut se demander à qui ce long métrage, qui aspire à mettre en place une franchise, est destiné. Certainement aux aficionados du Seigneur des anneaux - les deux récits partagent beaucoup d'éléments -, voire les amateurs du Trône de fer (en moins intense). Ceux qui cherchent le film historique à grand déploiement, oubliez ça. À la limite, on est plus proche du Sacré Graal! des Monty Python, réalisé par Terry Gilliam (1975).
J'exagère. Reste que La légende d'Excalibur est un divertissement qui ressemble à un tour de manège estival : étourdissant, avec une bonne dose d'adrénaline. Mais l'effet est vite dissipé.
Au générique
Cote : ***
Titre: Le roi Arthur - La légende d'Excalibur
Genre: drame épique
Réalisateur: Guy Ritchie
Acteurs: Charlie Hunnam, Àstrid Bergès-Frisbey et Jude Law
Classement: général
Durée: 2h06
On aime: la réalisation survoltée, les ellipses, la relecture irrévérencieuse
On n'aime pas: la surenchère, l'aspect superficiel